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jeudi 17 juillet 2008

La générosité

Bouleversée, ce matin, de découvrir ceci dans une enveloppe livrée par le facteur :








C'est un cadeau de Béa, qui avait proposé de m'envoyer des planches de bâtarde. Il s'agit d'un livre qu'elle a réalisé, un superbe travail de calligraphie et de reliure. C'est absolument magnifique!!! 7 pages de majuscule insulaire ornée. Sompteux, c'est le mot qui convient, rien de moins!

J'ai souvent eu la surprise de recevoir de très généreux cadeaux auxquels je ne m'attendais pas du tout, de la part de quasi étrangers. Il y a eu ce rosiériste de Colombie-Britannique
qui m'a envoyé toute une caisse d'énormes (et lourds) de drageons de rosiers rarissimes en "livraison du lendemain" (je vous laisse imaginer les frais de poste astronomiques), alors que je ne lui avais demandé qu'un peu de bois d'un seul rosier. Cette autre qui en avait fait autant, et qui m'avait envoyé par la suite, de l'Ile de Victoria, un cadeau-surprise : cet livre énorme, magnifique, très coûteux et atrocement lourd livre (je fais les frais de transport, indécents) de F. Joyaux La rose de France... Cet autre de Louisiane, si mes souvenirs sont bons, qui nous avait envoyé à Mlle V. et à moi d'énormes colis pour que nous puissions cultiver au Québec ces introuvables rosiers thé, cette femme si sympathique de Californie, encore, qui nous envoyait rosiers et cadeaux pour les filles... Il y en a tellement eu! Et chaque fois, cette générosité gratuite me bouleverse et m'émerveille.

Le cadeau de Béa, lui, n'a pas de prix. Il est le fruit de nombreuses heures de travail. Je suis touchée, émue, honorée de recevoir un tel présent. La majuscule insulaire est une écriture lente. Chaque empattement nécessite trois coups de plumes, chaque apex en suppose 2. Toute la famille admiré ce beau cadeau et je réfléchis encore à l'endroit et à la façon dont je l'exposerai.

Merci Béa. Tu es vraiment une fée! Je sais que tu es en vacances en ce moment et je ne sais pas si tu peux lire ce billet, mais je voulais montrer, partager ce cadeau. Sache que j'ai ressenti d'abord étonnement, puis excitation, admiration, émerveillement, joie, gratitude, plaisir à admirer de près un si bel objet, gratitude, gratitude, gratitude et joie :-)

jeudi 5 juin 2008

Le syndrome de l’imposteur, vous connaissez?


Dans la carte faite de leurs blanches mains que les étudiants m'ont remise il y a deux semaines, le même message revient inlassablement, dit et redit avec une insistance qui me laisse pantoise : « Madame, votre passion et votre enthousiasme ont donné vie à ce cours… », « Je n'aime pas tellement cette discipline, mais grâce à votre passion... », « Demeurez toujours aussi passionnée et blablabla ».

Passionnée???

Comment ai-je pu leur donner une telle impression, comment ai-je pu leur laisser croire une chose pareille? Toute la session durant, j'ai quitté à regret enfants, chat, pinceaux, plumes et Encrier pour m'atteler sans aucun enthousiasme au lourd travail de correction, de préparation de cours jamais donnés auparavant, morte-vivante qui a maudit le ciel chaque matin pour cette session de fous dans laquelle il m'avait je m'étais embarquée…

C'est sûr que les heures-contact avec les groupes d'élèves sont infiniment plus agréables que tout ce qui les précède et que l'épuisement qui leur succède, mais tout de même, j'y étais, moi aussi, à mes cours, et je ne suis ni sourde ni aveugle : c'était plate! Toute la session durant, j'ai été mortifiée de donner des cours aussi soporifiques, morte-vivante que j'étais, avec des passions qui me portaient vers tant d'autres choses.

Perplexe, je me dis qu'ils ont peut-être écrit ça juste comme ça, parce qu'il fallait bien y écrire quelque chose dans cette satanée carte. Mais je ne les savais pas si dénués d'imagination pour tous reprendre en chœur l'idée de celui ou de celle qui évoqua ma passion en premier.

Ça me semble un mystère insondable, peut-être une nouvelle forme de perversion que je ne connaissais pas ―ou encore l'art d'être complètement à côté de ses pompes.



lundi 12 mai 2008

Des nouvelles du front - première partie

Je n'ai pas le temps d'en écrire beaucoup plus ce matin, mais je voulais vous dire qu'on ne m'a pas trouvé de cancer, seulement des kystes. Quel soulagement ça a été pour moi !

Je retiens de toute cette aventure que la vie est précieuse et que les instants partagés avec ceux que j'aime n'ont pas de prix.

Merci à tous pour vos encouragements, je les ai vraiment appréciés.


vendredi 4 avril 2008

L'optimisme, pour moi, c'est ... (tag)

Cricri m'a donné la tag : « L'optimisme, pour moi, c'est… »


… tout sauf une disposition acquise.


Il y a un optimisme facile auquel on cède en fermant les yeux sur l'enfer qui est le lot de trop d'êtres humains. Je ne veux pas d'un bonheur facile et égoïste. Le monde est un cloaque, un égout sans fond et je ne veux pas céder à la tentation gnagna du tout est beau et oublier la souffrance des autres, céder à la tentation du bonheur version cheap qui se nourrit du repli sur son petit univers. À chaque seconde, des univers s'écroulent parce qu'un ami ou un parent meurt, à chaque seconde des enfants sont plongés en enfer, le désespoir gagnent des parents impuissants.


On me dira que je n'y a suis pour rien dans la souffrance des autres, que ce n'est pas moi qui allume les guerres, qui met le monde à feu et à sang, qui affame et génocide, qui viole, séquestre, isole, délaisse. Que nous ne sommes pas responsables, nous qui n'aspirons qu'à une existence paisible, nous qui avons affirmé plus d'une fois être résolument non-violents, épris de justice sociale. Tentation de dire que ce sont les autres qui sont les vrais responsables et d'oublier tout cela afin de mieux savourer mon propre petit bonheur. Je n'y arrive jamais complètement, la faute aux frères Karamazov : on est tous coupables et on est tous responsables de tous les autres, disait Mitia.


Je ne suis pas optimiste. Il y a un Jérémie en moi qui se lamente et désespère parce qu'il n'arrive pas à trouver de vraies raisons d'espérer, de croire qu'on changera.


Entendons-nous : rien ne m'est plus étranger que la mauvaise humeur et l'ennui. Je savoure tout, férocement. Tant de choses, tant de gens, me fascinent. La beauté est partout et me frappe de plein fouet à tout moment à détour de n'importe quoi. C'est pour ça que j'ai toujours l'air ailleurs et dans les nuages. En fait, je ne suis pas ailleurs, je suis ici, intensément, absorbée dans la contemplation d'une flaque d'eau (aïe – rester concentrée sur la route quand je conduis!) émerveillée par la couleur de la peu de mon enfant, la beauté d'une ombre sur le mur que je croyais moche, fascinée par un livre, un artiste…


Ce monde est un paradis, je l'aime ardemment, fébrilement. Je sais ce qu'est la joie, je l'éprouve intensément à toute heure du jour, partout, en toute circonstance. Je la savoure d'autant plus que je sais que si je peux connaître cette joie, c'est que j'ai la chance que mon univers ne se soit pas encore écroulé.


Ce monde est un paradis et un enfer. Mais si on ferme les yeux sur l'enfer, il gagne du terrain.


L'optimisme, pour moi, est tout sauf une disposition acquise, mais je lutte pour développer cette vertu nécessaire. C'est l'espoir que je veux transmettre à mes enfants, pas le désespoir. Un optimisme engagé qui ne se nourrirait pas d'illusions ou d'oublis.


Dur , dur.


Heureusement qu'il y a des Anita qui servent la cause des enfants oubliés, des Cloudy qui se démènent pour améliorer le sort de certaines familles, des Femme libre qui deviennent parent d'accueil et d'adoption, des Pierre qui nous recentrent à tout coup sur l'essentiel, des Juliette tellement pleines de force et de courage,


La finale de ce billet vient de m'être dictée par les évènements du jour. Il y a moins d'une heure, en entrant, j'ai appris, en écoutant mes messages sur le répondeur, que je dois rappeler le département des ultra sons pour un rendez vous. Je viens de passer une mammographie il 10 jours. Trop tard pour les rappeler ce soir, je devrai attendre demain. J'ai des crampes dans l'estomac, le souffle court, les jambes coupées. L'optimisme, pour moi, ce soir, c'est de trouver le courage de cacher la peur qui me tenaille et trouver la force de consoler ma pauvre F1 qui remonte en pleurant de sa chambre où elle vient e découvrir son hamster mort.


Je dois donner la tag à six autres personnes. Alors, s'ils en veulent, je la repasse à Juliette, à Solange, à Femme libre, à Pierre F., à S@hée, à Ce bref Réveil sur son blog Ataraxie.

samedi 12 janvier 2008

J’ai rêvé que j’enterrais Jésus!

J'étais avec des enfants dans un caveau taillé dans le roc. Là un gros cercueil de pierre. Le corps y est déposé et on referme une grosse dalle de pierre par-dessus.


Pas un rêve triste, etc. Je suis émotionnellement neutre face à ce corps, ça n'a rien d'un rêve triste. Les enfants s'amusent à ouvrir le recueil un certain nombre de fois, c'est-à-dire à pousser un peu la dalle de pierre, question de voir les pieds du morts. Et puis ils ressortent pour aller jouer au plein soleil. J'en suis soulagée parce que je me dis qu'à ouvrir et fermer le cercueil tant de fois, les bactéries entreront, que cela activera la décomposition et que tout se mettra à puer. Les enfants n'aimeront pas cela, c'est sûr.


Morale de l'histoire ? Il y en a aucune. Tout cela n'est que la reprise onirique d'une conversion avec le Grand blond, hier en fin de soirée, dans laquelle je me disais que si Dieu existait, il faudrait se débarrasser de cet être qui permet la souffrance des innocents (j'avais utilisé l'exemple des enfants). Mon commentaire a été rédigé à un moment où j'étais émotionnellement perturbée : désaccord qui a tourné à l'aigre avec Encrier. Mère-pas-cool refuse que sa fille de 11 ans parte tout un weekend au chalet d'une amie dont nous ne connaissons pas les parents (on n'a parlé à peine 10 minutes avec la mère l'autre jour), nouveaux arrivants dans la région…


Finalement, il y a peut-être une morale de l'histoire : n'entreprenez pas de discussion sur des sujets théologique tard en soirée, après dispute avec votre conjoint. J'espère que vous prendrez note.

samedi 5 janvier 2008

Hamtaro Story Part 1









En revenant d'une journée à l'extérieur, une des grandes énigmes familiale a enfin été résolue : nous connaissons désormais le sexe de notre Hamtaro , qui s'est finalement avérée être « une » Hamtaro. Enfin, une ex-Hamtaro rebaptisée (laïquement bien sûr) Pachemina. Seule F1 a vu les bébés, et guère plus qu'une seconde : en soulevant ex-Hamtaro, elle a vu « une petite montagne de bébés roses » que la maman cachait sous son ventre.

Bon, la cage a été lavée hier après-midi, ce qui veut dire qu'au moins, le timing est bon : on a quelques jours devant nous pour permettre aux bébés de prendre des forces avant d'avoir à les déranger. F1 a lu sur le Web qu'une portée de hamster, c'est 2 à 9 petits. J'ai dit à F1 qu'elle pourrait en garder un. Grisou a tenté un shotgun pour les deux suivants, mais F1 n'était pas d'accord et je n'avais pas la ofrce de supporter encore un autre conflit entre ces deux-là, alors je me suis lâchement rangée du côté de F1. J'espère qu'on n'aura pas à se casser la tête pour caser les autres. Comme la mère est jeune et qu'elle en est à sa première (et dernière, sauf intervention de l'Esprit-Saint) portée, je prie (eh oui!) pour qu'il y en ait le plus possible qui meurent de leur belle mort.

Si jamais l'un de vous veut en adopter un ― et pourquoi pas deux! ― je vous poste ça gratuitement ;)



jeudi 22 novembre 2007

J'ai eu du bol

« Si, par exemple, une pierre est tombée d'un toit sur la tête de quelqu'un et l'a tué, ils démontreront que la pierre est tombée pour tuer l'homme, de la façon suivante : Si, en effet, elle n'est pas tombée à cette fin par la volonté de Dieu, comment tant de circonstances (souvent, en effet, il faut un grand concours de circonstances simultanées) ont-elles pu concourir par hasard? Vous répondrez peut-être que c'est arrivé parce que le vent soufflait et que l'homme passait par là. Mais ils insisteront : Pourquoi le vent soufflait-il à ce moment-là? Pourquoi l'homme passait-il par là à ce même moment? Si vous répondez de nouveau que le vent s'est levé parce que la veille, par un temps encore calme, la mer avait commencé à s'agiter, et que l'homme avait été invité par un ami, ils insisteront de nouveau, car ils ne sont jamais à court de questions : Pourquoi donc la mer était-elle agitée? Pourquoi l'homme a-t-il été invité à ce moment là? Et ils ne cesseront ainsi de vous interroger sur les causes des causes (…) »

Le copain Baruch, Ethq, Appendice à la première partie.


J'ai failli me tuer sur un viaduc ce matin. Pas dessous.


À 9h30, je suis partie seule dans la tempête. Je roulais à 40-50km/h sur l'autoroute, dans la voie du milieu. J'ai quand même dérapé, et pas à peu près. Perte totale de contrôle, j'ai valsé dans toutes les voies, puis je me suis mise à tourner, tourner, tourner sans fin en dérapant, l'auto a fait un tour et demi sur elle-même avant de foncer tout droit en direction du garde-fou. Là je me suis dis : « je vais passer par-dessus bord », et puis l'auto a continué à tourner sur elle-même en évitant in-extremis le garde-fou, et s'est arrêtée.


Je suis indemne, je n'ai tué personne (toutes les autos s'étaient arrêtées), l'auto n'a pas une égratignure. C'est incroyable.


Bien sûr, les pneus d'hiver n'avaient pas encore été posés.


Mes élèves, ma collègue, mon chum, ma mère, tous ceux à qui j'ai raconté mon aventure semblent avoir eu plus peur que moi. Il faut dire que je n'ai pas eu le temps d'avoir peur. Moi que la moindre bibitte rend carrément hystérique, j'étais simplement très concentrée quand ça s'est passé, trop concentrée pour avoir peur.


C'était mon jour de chance aujourd'hui.