mercredi 17 septembre 2008
Échec de la laïcité
"Restez-y messieurs, dames, sur le Ramadam dam dam"
lundi 15 septembre 2008
Les univers surpeuplés
F2 peut me parler pendant des heures, toujours en débit vitesse grand V mais avec moult intonnations fascinantes, tout ce qui s'y passe. Et ce n'est pas parce qu'elle s'y réfugie fautes d'amitiés bien réelles. Hier encore, elle avait joué toute la journée avec un enfant de son âge. Cela ne l'a pas empêché, sur le chemin du retour d'un trajet de 40 minutes, de me reconter par le menu détail tout ce qui s'était passé la dernière fois qu'elle était allée chez Jade et Rivière du Nord, tous les gens qu'elle y avait rencontrés, tout ce qu'ils avaient fait et cela n'était, croyez-moi, que prodige après prodige, merveille après merveille. Par moments, c'était trop, je décrochais; elle ne s'en apercevait pas, mais je n'écoutais plus.
-- ... mais sais-tu comment on a fait pour lui couper les mains?
Une de ces phrases qui me tire de ma rêverie et me ramène au récit
-- À qui avez-vous coupé les mains???
-- Ben voyons, je te l'expliquais! À la poupée en papier du bricolage qu'on faisait, Rivière du Nord et moi.
-- Ah oui!
Elle a continué son histoire jsuqu'à la maison.
Il y a des jours où j'ai envie de l'enregistrer pour ne pas que tout cela se perde, des jours où je regrette de ne jamais avoir acheté de caméscope et de n'avoir plus l'image mobile de mes enfants alors qu'ils étaient plus jeunes. Puis je me dis que la bande sonore ou le dvd ne nous restituent pas l'âme des souvenirs et des images gravées dans le coeur et la mémoire, si flous soient-ils.
mercredi 3 septembre 2008
La rentrée – deuxième partie
Je ne sais plus où donner de la tête ces temps-ci. Rentrée à temps partiel pour moi (demie tâche), mais je dois monter un cours que je n'ai jamais donné. Et puis je suis en train de travailler à la conception d'étiquettes (10 en tout) pour des produits de confiserie fine et cela m'occupe beaucoup. Je suis assez contente de ce que j'ai fait, dès que j'aurai le OK de la maison (c'est-à-dire lorsque les biscuits seront sur les tablettes des points de vente), je pourrai présenter des photos de ce que j'ai fait.
Tous mes courriels sont en retard, je n'ai pas le temps pour l'instant d'aller lire les blogs que j'aime, mais je crois que d'ici dix jours, les choses devraient se tasser.
Léo vous remercie pour les vœux de joyeux anniversaire. Je n'ose pas publier des photos de la fête sans l'accord des parents (dont je n'ai pas forcément envie qu'ils viennent lire ce blog), je ne publie donc que celle-ci ;-)
Elle devait retourner à notre école de quartier cette année, celle-là où elle a été harcelée durant 4 mois pas l'année dernière, mais celle d'avant. Elle avait le trac d'y retourner.
Jour 1, nous arrivons dans la cour d'école à 7h40. Elle y est accueillie à grands cris par une dizaine de fille, parmi lesquelles quelques ex-tortionnaires qui lui sautent au coup en hurlant leur joie de la retrouver. Je la vois se détendre, sourire – le stresse qui la tenaillait tombe. Pendant vingt minutes, je la retrouve telle qu'elle était, telle qu'elle évoluait parmi les autres avant que cette histoire d'harcèlement ne commence et que cette fille sociable et enjouée ne se replie sur elle-même. Le soir, elle revient à la maison rassurée et le téléphone ne dérougit pas de la soirée.
Jour 2, elle revient le midi en me racontant que son sac d'école Hannah Montana, dont elle était si fière (elle s'était imposé de le garder rangé sans l'utiliser pendant un mois afin qu'il soit beau et neuf pour la rentrée), avait été vandalisé durant la matinée : quelqu'un a tailladé tout le visage de la pauvre Hannah et le sac, s'il est encore fonctionnel, n'a plus grand charme aux yeux de sa propriétaire.
Qu'est-ce qui leur passe par la tête, dites-moi??? Je cherche, je me creuse les méninges… F1 n'est pas du genre prétentieuse. Le sac a fait envie c'este sûr, elle m'a dit que tout le monde n'en avait que pour ce sac. Mais la F1 n'est pas du genre hautaine, snob, prétentieuse, « regardez-moi », pas du genre auquel on pourrait des fois, malgré soi, souhaiter qu'il lui arrive des désagréments.
Allez comprendre!
Tout de même, elle a bien réagit, en fille forte :-)
vendredi 22 août 2008
Le goût de la disséquer
F2, faisant parler la pouliche Gommette : « On s'en va à l'école! »
Moi, faisant parler Marie-Saucisse : « À l'école??? Pourquoi ??? »
Gommette : « On va apprendre toutes sortes de choses! »
Marie-Saucisse : «Comme quoi? »
Gommette : « Ce qu'il y a dans le cerveau des chats! »
mardi 12 août 2008
Des avantages d'une existence plus brouillonne
Quand je lis ça, je me dis que, franchement, la désorganisation a du bon! J'ai beau gonfler les chiffres, lorsque j'examine pas propre routine, cela donne : 3 à 4 minutes pour la douche, 1 minute tout au plus pour la coiffure (je laisse sécher en gonflant avec les doigts tout en faisant autre chose, je n'ai donc, à la fin, qu'à peigner et donner, certains jours, 2 ou 3 pshhh de gel en aérosol), 20 à 30 secondes pour la crème de jour, 30 secondes pour le fond de teint, 20 secondes pour le mascara, 20 secondes pour le fard à joues, 10 secondes pour un pshhh de parfum, 15 secondes pour l' antisudorifique, 2 minutes pour le brossage de dents, qui n'est même pas présent dans la description détaillée des trois routines, pas plus que le parfum et l'antisudorifique d'ailleurs. Mon score : 9 minutes sans me presser! (les jours de grandes sorties, on peut ajouter 30 secondes pour le rouge à lèvres)
C'est vrai que je ne suis pas une adepte du poupounage extrême. Et je savoure la chance que j'ai : chaque matin, je dispose de 35 à 65 minutes de temps libre pour faire des choses tellement plus palpitantes dans une vie qui passe si vite. Je prends le premier exemple qui me passe par la tête : ce matin, si j'avais passé 65 minutes à me dessiner au crayon un contour des lèvres que personne n'aurait remarqué parce que personne ne remarque jamais ça, à me dessiner les sourcils au crayon, à appliquer l'une par dessus l'autre quatre crèmes toutes plus inutiles les unes que les autres, ben je n'aurais jamais su qu'aujourd'hui, Jade, Croc et Rivière des Nords, les trois amies imaginaires d'F2, avaient « gravi une montagne escarpée pour aller faire un pique-nique au sommet », et qu'une mouffette avait « fait pipi sur elles »; je n'aurais pas appris non plus l'existence des feux de nuages et des feux d'arc-en-ciel, bien différents des feux d'artifice m'assure F2 qui a eu la chance d'en admirer chez Rivière des Nords.
jeudi 10 juillet 2008
Souffle, moulin, sa fièvre
que nous nous envolions, sur les ailes de la libellule, pour rejoindre les abeilles.
F2 avait 40 de fièvre hier. On a tout de même fait une petite partie d'échec, et elle avait tous ses esprits:
(Moi) Pourquoi tu ne manges pas mon pion ?
(F2) Parce qu'après, tu mangeras ma tour.
Bon, à ce moment-là, la fièvre était tombée à 38,5 ;-)
J'ai beaucoup aimé peindre ce moulin, j'en referai d'autres.
Le format des deux essais "libellule" est assez petit - je dois encore le reprendre, les ruches sont trop informes et j'ai oublié (un "oubli" de paresseuse ;-) ) de faire des feuilles aux fleurs. Et puis, elles ont été réalisées sur un papier bas de gamme, très mince. J'aimerais en faire une meilleure version pour la chambre d'F2.
mardi 24 juin 2008
Magnifique éléphant ...
Ma F2 bien sûr ;-)
Avec ça, j'ai battu un record pour le nombre de billets publiés en une journée - je fais du rattrapage pour les mois maigres de l'hiver ;-)
mercredi 18 juin 2008
"Loin" est un terme bien relatif
(Moi) : ???
(F2, se parlant à elle-même, un peu déçue) : Ah non, c'est pas l'Égypte!
L'autre jour :
F2 : "Gram (grand-maman), c'est loin l'Écosse?"
Gram : Trèèès loin!!!!
F2 : "Tu crois que je pourrais y aller sur mon vélo?"
Du pittoresque urbain
(Moi): ???
(F2, absorbée dans une contemplation dont je ne saisis pas bien l'objet): Je regarde la clairefontaine...
(Moi, cherchant du regard un petit bassin ou une simple flaque d'eau dans le fouillis d'un jardin à la St-Léonard): ???
(F2, montrant du doigt une borne fontaine qui arrivait à passer inaperçue parmi les flamands roses, les vierges en plâtre peint et les nains de jardin) : là!
(Moi): Aaaaah! On y va?
(F2, remontant sur son vélo) : D'accord!
mercredi 4 juin 2008
vendredi 16 mai 2008
La fin justifie les moyens
F2 : -- Quand je serai une maman, est-ce que je pourrai avoir des enfants ?
La bonne mère opportuniste et pragmatique se garde bien de relever le pléonasme :
-- Si tu bois ton lait, certainement !
jeudi 6 mars 2008
J'ai fondu
en trouvant ça parmi les dessins d'F2, sur une tablette de papier que je lui ai donnée il y a trois jours. Elle ne m'a pas demandé d'écrire mon nom pour le recopier, c'est donc qu'elle sait, qu'elle se souvient toute seule de la façon dont il s'écrit (tout comme elle sait écrire le sien et celui de sa soeur). Elle a dû vouloir me faire cadeau du dessin juste en dessous. J'ai été toute chamboulée de trouver ça. Et comme ça s'est produit alors que je publiais les aquarelles d'hier, j'ai décidé de publier pour me délivrer un peu du désir que j'ai de l'embrasser alors qu'elle n'est pas à la maison. Et puis j'ai photographié en même temps les autres dessins de la pile, qu'elle a faits dimanche au resto :
une tortue
:))
vendredi 22 février 2008
Ces choses qui nous échappent
Lorsqu'F1 enfile sa troisième tenue de la matinée (sait-on jamais : le prince charmant pourrait se pointer à l'école justement aujourd'hui), que je lui demande ―pure formalité car je ne suis pas si naïve― si elle a rangée les deux autres et qu'elle me répond « oui » avec quelque chose de louche dans le regard, je sais que je dois aller vérifier dans sa chambre. Et lorsque je ne trouve pas deux pantalons et les deux t-shirts taponnés sur le sol, au milieu de la chambre, là je me dis que quelque chose m'échappe. Et effet : quelques heures plus tard, je retrouve lesdits vêtements, portés tout au plus 3 à 4 minutes, dans le panier à linge.
Lorsqu'F2, entendant dire que Mère-grand doit passer au garage aujourd'hui, manifeste si inopinément son désir d'y aller elle aussi et que, débordante d'un soudain enthousiasme, elle se met à sauter partout dans la cuisine en hurlant : « J'veux y alllllllllleeeerrr! J'veux y alllllllleeeer! », l'Encrier et moi nous nous dévisageons en haussant les épaules, dépassés. Nous devrions deviner que quelque chose nous échappe. En effet : sitôt arrivée chez Hyundai, F2 (3 ans), se met à chercher les vêtements et Mère-grand réalise qu'elle croyait aller à la boutique de vêtement pour ados.
Lorsque que j'entre dans la salle de bain, le matin, et que je constate chaque fois qu'F1 a utilisé 3 à 4 débarbouillettes pour faire sa toilette et que je sais pertinemment qu'elle en utilisera 2 ou 3 de plus en soirée, je me dis encore une fois que quelque chose m'échappe, mais je sais qu'il serait vain d'essayer de comprendre.
Et lorsque je tente de me remettre de toutes ces émotions et que je sors prendre un café pour constater qu'à côté des dix sortes de café équitable, on propose encore dix autres variétés de café pas équitable, là je renonce définitivement à tenter d'y comprendre quoique ce soit, j'admets avec sagesse qu'il y a en ce monde des choses qui dépassent le pouvoir de mon entendement et que la raison doit ici, modestement, reconnaître ses limites.
jeudi 14 février 2008
Graine de philosophe, va!
"... maintenant seulement la montagne de l'avenir humain va enfanter. Dieu est mort : maintenant nous voulons – que vive le Surhomme!" ― Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra
F2 saute à cloche-pied dans la cuisine, débordante de vitalité et de bonne humeur. Comme à son habitude, elle s'extasie tout haut des innombrables et merveilleuses connaissances acquises aujourd'hui, fière d'être aussi savante, heureuse, surtout, de découvrir le monde et la vie.
Rayonnante et tout à son bonheur, elle proclame à haute voix la bonne nouvelle du jour :
―Un jour, on sera TOUSSSS morts! Comme… heu…
…
heu, qui est mort encore ??? …
(brève pause - ça cogite fort dans cette petite tête à se demander qui, depuis que le monde est monde, a bien pu mourir ; et puis elle me sort : )
Ah oui : Dieu!
….
Maman! C'est qui encore, Dieu???
mercredi 30 janvier 2008
Des nouvelles du front
Je regrette déjà ma lâcheté. Pas quand je suis dans la salle de classe, mais dès que j'en sors et que je dois m'atteler aux corrections et à la préparation des cours. Ça ne dira peut-être pas grand chose à ceux qui n'enseignent pas au collégial, mais le lundi, je donne 7 heures de cours, que du contenu différent. Ça se termine par un bloc de trois heures de 3à 6, avec un cours que je n'ai jamais donné et des élèves considérablement plus faibles que ceux que j'ai l'habitude d'avoir (donc, autres stratégies). J'arrive chez moi crevée, je vourais dormir deux jours pour m'en remettre, mais il me faut préparer les trois heures de cours du lendemain (8 à 11h), encore du contenu différent, encore un cours que je n'ai jamais donné, encore un cours où certains sont faibles (pas mal de futur flics) et un élève qui me semble déficient. Le début de semaine me tue, mais il faut survivre pour la suite.
Ça ne fait qu'une semaine et demi que c'est commencé, et je rêve déjà de la fin de la session. Dire que j'aurais pu me la couler douce et agréable avec mon 50% de tâche en me contentant de mes cours au PSQ. Dire que j'aurais pu aller étudier les moeurs des singes bonobos en Afrique, grâce aux bons conseils de Ce bref Réveil! Je suis bien punie d'avoir cédé aux flatteries comme le corbeau de la fable. Mais on ne m'aura pas deux fois. J'ai averti tout le monde : si jamais je refais une telle bêtise, qu'on me passe la camisole de force et qu'on m'enferme.
Bon, assez chiâlé, passons à des nouvelles plus agréables à lire.
Avec un de mes groupes du PSQ, je dois faire une lecture critique de Malaise dans la civilisation et de l'Abrégé de psychanalyse. Il me faura aborder l'interprétation que Freud fait du complexe d'Oedipe chez la fille. En gros, elle est envieuse parce qu'elle n'a pas été dotée d'un pénis, en veut à sa mère, se détourne d'elle et reporte son amour vers son père - elle sortira de cette crise par le déni ("J'ai un pénis fictif, je suis lesbienne", lui fait dire Freud qui confond allègrement lesbianisme et transgenre ou alors "J'ai un pénis, celui de l'amant qui m'offre le sien") et en développant, réactivement et dans l'amertume, sa féminité ("Je ne peux avoir de pénis, mais ça ne me dérange pas, je n'en veux pas, na! lui fait dire Freud).
Bien sûr, il me faura faire voir que Freud érige ici quelques observations faites à l'emporte pièce et surtout librement réinterprétées dans une perspective toute phallocentrique en interprétation scientifique du développement psychique des femmes.
Mais j'ai comme un malaise depuis l'autre jour.
Il s'agit d'F2. Vous vous souvenez qu'elle prétendait avoir deux pénis?
L'autre jour :
F2 : Maintenant, je suis un garçon. Tu peux m'appeler François, mais plus Léonie, je ne suis plus une fille.
Moi : Ah? on joue?
F2: Non, c'est pas un jeu, c'est comme ça, maintenant.
Moi: Pourquoi?
F2 : Parce que tu te souviens, tout à l'heure, dans le livre de comptines?... Le petit garçon, il était vraiment trop beau! Je le trouve siiiii beau, siiiiii beau! Je veux être aussi beau que ça, moi. Les garçon, c'est plus beau, je veux être un garçon!
Moi, surprise mais à peine par tant de coquetterie : Mais si tu deviens un gaçon, tu ne pourras plus porter de chandails ROSES, des pyjamas ROSES, des pantalons ROSES, des...
F2 (qui pour une fois semble émerger de ses stéréotypes) : Tu sais, le rose, ce n'est pas seulement pour les filles! On peut en porter même si on est un garçon!!!
Moi : C'est bien vrai, ça!
Le lendemain.
F2 : Maman, montre-moi comment on dessine un bonhomme sourire!
Moi : Voilà!
F2 : À mon tour! J'en dessine un en jaune!
Moi : Bravo, il est magnifique!
F2 continue à dessiner, "orne" son bonhomme sourire de petit traits tout autour du cercle.
F2, fièrement : Regarde!
Moi : Quel beau soleil!
F2 (espiègle) : C'est pas un soleil, c'est un bonhomme sourire avec PLEIIIIIIIN de pénis!
Et la voilà qui se met à dessiner allègrement des traits partout sur la feuille.
F2 (lutine) : Il ya des pénis partout! C'est le pays des pénis! Dis maman, on peut y aller, au pays des pénis? On pourrait me trouver un pénis, et tu me le donnerais!
Freud Freud, Freud... J'ai comme un malaise...
Mais bon, heureusement que je suis encore capable de me souvenir que quelques observations à l'emporte pièce, ça ne suffit pas à valider la scientificité d'un énoncé ;)
vendredi 11 janvier 2008
Pénis salvateur!
Hier midi, à table :
Fille nº2 (3 ans à peine) : Pipi!
Fille nº1 (11 ans, indifférente) : …
F2 : Caca!
F1 : …
F2 : Pet!
F1 : …
F2 : Gaz, pénis!
F1 : Pfff… hihihi!
F2 (enthousiaste): Pénis, pénis!
F1 : Wouahaha!
F2 (extrêmement fière d'avoir le contrôle de la situation : elle agit et l'autre réagit!) : Pénis! Pénis! Pénis! Pénis! Pénis! Pénis!
F1 (qui prétend rire à cause du mot « gaz » prononcé pour la dernière fois il y a maintenant dix bonnes minutes, prenez le raccourci temporel) : Whouahahahahaha!
Etc. 5 à 10 minutes de temps. L'hilarité a gagné la Respectable Mère de famille. Puis :
F1 : Mââââââmannnn! Elle s'est essuyé les doigts sur mon chandail neuf du Garage!!!!!
F2 : Espèce de grosse nullarde, j'ai même pas fait exprès!!!
F1 : Maâââaââman!!!! Elle l'a fait exprèèèèès!!!
F2 : C'est mêêêêêême pas vrai!
Cris suraigus, échanges de bon mots (conasse, grosse nulle, etc.), griffures, etc. La mère implore le Ciel qui prend pitié d'elle et là, c'est l'Illumination :
Repectable Mère : F2, pourquoi ne pas faire rire ta sœur ?
F2 (qui hésite un seconde, puis redémarre) : Pénis!
F1 : Hihi!
F2 : Pénis! Pénis! Pénis! Pénis! Pénis! Pénis! Pénis!
F1 : Whouahahahahaha!
Etc.
Alléluia! La paix des anges redescend sur terre. Agréable repas au bout du compte.
mardi 8 janvier 2008
Du zéro absolu et des mondes infinis
Aujourd'hui on flotte entre deux eaux, on passe sans arrêt de l'infiniment grand à l'infiniment petit.
*
Dans le bureau. F2 et moi « travaillons » dos à dos, chacune à « sa » table de travail.
― Rhôôôôôôô-ôôô-ôôô!
― …. ?
― Grosse nulle!
― ???
― Mais tais-toi donc, espèce de grosse nulle!!!!
Là, Mère indignée pour ne pas dire carrément suffoquée, se retourne afin remettre à sa place l'insolente jeunesse et constate qu'F2, qui a compris assez vite les règles du jeu, s'impatiente de la lenteur des explications et crie son exaspération à la voix féminine qui sort de l'ordi ;)
*
Quelqu'un a dû lui expliquer ce que sont les milliards. En ce moment, tout se compte ici en milliards et en centaines de milliards. Je n'y avais pas fait attention au début, tellement elle en parle avec naturel. C'est la répétition que m'a fait remarquer la chose :
― Maman, j'ai envie de te donner des milliards de baisers!
― :-))
―Des chansons comme ça, j'en connais des centaines de milliards!
― :-)
―J'aimerais avoir des milliards et des milliards de bonbons!
― !
―Peut-être que si je le demande au Père Noël un milliard de fois…
― ?
― Je vais dessiner un champ avec des milliards de fleurs.
― …
―Et puis je vais utiliser des milliards de couleurs!
O.K., Doudou, ça fait un au moins milliard de fois que tu me le dis en moins de cinq minutes ;-)
samedi 22 décembre 2007
Franchement!
Que la perception soit relative au point de vue de l’observateur, c’est une évidence.
Qu’elle porte la marque de la culture du sujet percevant, je le veux bien.
Qu’elle soit déterminée en profondeur par le langage, soit.
Mais qu’en passant à côté d’F2 en train de faire la moue devant sa quiche aux asperges, l’Encrier remarque sans ironie et le plus sérieusement du monde qu’elle « ressemble à Jack Nicholson dans Vol au-dessus d’un nid de coucou » et que devant ma face ahurie, il précise : « oui, tu sais, juste après l’opération, quand il fait semblant d’avoir été lobotomisé », ben là, laissez-moi être sceptique!
vendredi 21 décembre 2007
La guitare
On dit que le père Noël apporte des cadeaux aux enfants sages. Si c’est vrai, impossible qu’il puisse décevoir F2! Cette petite-là, c’est du bonbon. Pleine d’humour, spirituelle, douce, enjouée, F2 est pleine de petites attentions pour tout un chacun, et ça, toujours sans arrières pensées. Elle a toujours le mot gentil à la bouche, même pour son tyran (F1), et sert à chacun la parole d’encouragement quotidienne. Compatissante, elle est chaque fois bouleversée du malheur des autres, pleure pour sa sœur qui a perdu quelque chose qui ne l’intéresse pas, elle. Elle ne fait peut-être pas encore ses nuits, ma Doudou qui ne m’a pas laissé dormir 3 heures d’affilée depuis sa naissance, mais je vous assure, elle a vraiment l’art de le faire oublier.
Toujours est-il qu’F2 a rencontré, cette semaine, le Père Noël à sa « petite école ». Je me demandais bien comment cela se passerait. À ma grande surprise, F2, si timide devant les étrangers, a été complètement séduite par le Père Noël. Elle est monté sur ses genoux, lui a parlé et lui a demandé « une guitare ». Ils ont même rigolé ensemble, imaginez!
De retour à la maison, il n’y en avait plus que pour le Père Noël et pour l’atelier de jouets (ou elle aimerait bien travailler lorsqu’elle sera plus grande). « Maman, je suis tellement heureuse que je vais pleurer de joie! », « Maman, je suis tellement contente, j’ai envie de grimper sur le comptoir et de sauter en bas » (ça, c’était du F1 tout craché, mais F2? Ma F2???) « Maman, quand le Père Noël va venir chez nous, je vais aller m’asseoir sur ses genoux. Et puis je m’"assoirai" sur le sofa juste à côté de lui. Je serai aussi à côté de toi et je te donnerai la main. »
Et la guitare, me direz-vous?
Hum, la guitare…
Eh bien, j’avais déjà acheté tous les cadeaux pour les enfants. Et là ça, cette demande d’une enfant sage au Père Noël, et la mère qui ne savait plus que faire. Sur le coup, je me suis dit que ça lui passerait, elle a tout juste 3 ans(1), elle aura oublié demain. Mais le lendemain, re-Père Noël au centre d'achats et re-guitare. Re-guitare par-ci, re-guitare par-là, re-guitare à l'épicerie, re-guitare dans l'auto, chez le coiffeur, dans le bain et chez Mère-grand et jusque dans son lit le soir. Re-guitare, re-guitare, re-guitare toute la journée et toute la soirée.
Et puis, hier matin, chez Winners où je cherchais un cadeau pour le professeur de F1, au détour d’une allée je la vois, là, toute seule sur un grand présentoir, la guitare de F2 qui attendait que je la prenne! Le Père Noël avait dû la déposer là pour moi. Il n’en restait plus qu’une, une jolie guitare petite de 36 pouces, pas trop cher, qui avait l'air de très bien fonctionner. Quelque chose à mi-chemin entre le jouet et l'instrument potable. Ben foi de Mère Noël, elle l'aura sa guitare, ma Doudou!
(1)(1) Vous êtes tannés que je le répète, je sais.
(2) Ben oui, je me suis en partie autoplagiée. J'espère que Mme Poppins ne m'en voudra pas d'avoir repris le commentaire laissé sur son blog. Comme elle a l'air plutôt chouette, je ne m'en fais pas trop ;)dimanche 16 décembre 2007
Cinéma
Pendant que je suis affairée à changer le bocal du nouveau membre de la famille ― un poisson Beta que F1 a reçu la semaine dernière pour son anniversaire et dont je me ne souviens plus du nom, mais que nous appellerons Mistigri pour les besoins du blog ― F2, debout à côté de moi, se prend soudainement la tête à deux mains :
― Ah zuuuuuut!!!! Z'ai encore oublié de regarder Les Simpson!
― ???????????????
Et puis l'étonnement fait brusquement place au fou rire : cette petite fille d'à peine 3 ans qui n'est pas capable de regarder Caillou sans détourner la tête et supplier en hurlant qu'on change de poste dès qu'il y a un passage violent du genre : « Oh! oh! j'ai fait une bêtise, Papa ne sera pas content! », cette petite fille-là ne regarde certainement pas Les Simpson. Seulement, elle a été prise en flagrant délit de je-me-fais-mon-cinéma-intérieur-en-rêvant-que-je-suis-une-ado, sans se rendre compte qu'elle le faisait à haute voix.
L'Encrier, qui pellete pendant que je me prélasse, entre pour prendre une pause.
Entre deux fous rires, j'hoquète :
― T'as entendu ça, l'Encrier? Ta fille se fait du cinéma.
Mortifiée de s'être ainsi donnée en spectacle, la petite se laisse glisser contre le mur jusqu'au sol en se cachant la tête sous son épaule.
Je sais, je l'élève à la dure ;)
