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dimanche 7 septembre 2008

Du temps pour peindre


Du temps pour peindre hier : F2 couchait chez Mère-Grand avec sa cousine et F1, plus autonome, faisait ses petites affaires dans sa chambre (entendez : tapissait ses murs d'affiches). J'ai fermé bouquins de philo, les logiciels de graphisme et j'ai pris les pinceaux avec une mauvaise conscience très proche de l'angoisse - sans raison d'être, une mauvaise conscience tout à fait névrotique de fille qui travaille trop depuis trop longtemps.

J'ai beaucoup aimé peindre ce paysage de dégel, après une conquième version du phare dans laquelle celui est peut-être plus réussi mais les bâtiments manquent d'intérêt. Je suis enfin lasse de ce tableau et remise ça sur la tablette pour l'instant. N'empêche, j'ai vraiment le sentiment de découvrir et d'apprendre beaucoup sur la couleur en reprenant ainsi inlassablement le même motif.


vendredi 5 septembre 2008

L'obsession, c'est une névrose grave?



Obsédée par ce demi-échec (cette demi-réussite) - que je voudrais transformer en réussite totale.

En haut, c'est la première version de mon tableau, chouette mais coïncée sur une petite feuille (ce devait être une simple esquisse).

Voici la version deux où j'ai décidé de renverser le point de vue, de mettre la maison à l'arrière, le phare à l'avant et avec lui, la mer. Je peux donc dire que c'est devenu ma première "marine" :-) Mais le phare est moche.





Réessai sur un papier plus texturé (Fabrinao artistico grain fin) - encore des problèmes avec le phare, mais j'aime bien le traitement de la mer.



Quatrième version, retour un BKF Rives grain fin - le phare est de plus en plus moche, il est peut-être temps que je laisse ça de côté pour un temps. Ma belle-soeur voulait le tableau après avoir vu l'esquisse (tableau 1), je voudrais le réussir à mon goût, mais je piétine. Cela a été fait durant le dernier mois. Pas le temps de m'y remettre pour l'instant, mais ça me démange.


vendredi 22 août 2008

Le goût de la disséquer

F2, faisant parler la pouliche Gommette : « On s'en va à l'école! »

Moi, faisant parler Marie-Saucisse : « À l'école??? Pourquoi ??? »

Gommette : « On va apprendre toutes sortes de choses! »

Marie-Saucisse : «Comme quoi? »

Gommette : « Ce qu'il y a dans le cerveau des chats! »

mardi 12 août 2008

Si loin de la simplicité volontaire…

La femme désorganisée fait son ménage de printemps à la mi-août. 12 gros sacs de vêtements et de jouets à donner, et ce n'est pas fini. La honte me monte aux joues. Comment peut-on accumuler autant alors que d'autres n'ont rien? Comment peut-on consommer autant alors qu'on se dit préoccupée par les effets de la surconsommation? La maison est pleine d'objets inutiles…

PS. Et que dire des vingt grosses bibliothèques qui ne suffisent même pas à contenir tous les livres qu'il y a dans cette maison? Mais pour ça, la ménagère résignée n'essaie même plus de proposer un tri – chacun de ces milliers de livres est, paraît-il, suprêmement précieux et je commets un sacrilège chaque fois que je suggère qu'on n'a pas besoin de posséder matériellement tous les bons livres.


dimanche 10 août 2008

La rentrée, première partie


Même enfant, j'ai toujours aimé la rentrée. Parce que pour les élèves comme pour les profs, le jour du nouvel an, le grand jour du renouveau qui permet au monde de renaître et de recommencer à neuf, ce jour -là advient fin août ou début septembre, c'est selon. La véritable année, pour nous, c'est l'année scolaire. L'autre, celle qui commence le premier janvier, n'est qu'une année officielle qu'on retrouve dans les calendriers et les agendas de la foule étrangère qui ne travaille, n'aime, n'espère ni ne sue à l'école, sans plus.


Les semaines qui précèdent le grand jour sont pleines d'une belle fébrilité. Les enfants ont hâte d'aller magasiner pour acheter vêtements et fournitures scolaires. Je mesure le fossé qui sépare les générations en prenant le pouls de l'intérêt immodéré de ma fille pour les fringues qui contraste fort avec la tempérance exemplaire dont elle sait faire montre lorsqu'elle envisage l'achat des cahiers (sauf s'ils sont à l'effigie d'Hanna Montana ou des Jonas Brothers), stylos, trousses à crayons. À son âge, je me foutais presque des vêtements qu'on m'achetait pour la circonstance. Mais quel émoi s'emparait de la fétichiste que j'étais déjà lorsqu'il me fallait acheter un stylo ou que mes parents m'en offraient un des leurs (que j'ai aimé ce Parker 51 qui avait appartenu à mon père), qu'il me fallait choisir de beaux cahiers neufs, quadrillés de préférence, deux (et non pas vingt) crayons à papier, un (et non pas sept) classeurs à anneaux, une (et non pas quatre) gommes à effacer. En ces temps antiques et mémorables, la papeterie Clairefontaine était difficile à trouver au pays, mais mon libraire de père avait accepté d'en tenir un peu en stock pour nous faire plaisir à mes sœurs et à moi. Et puis, il y avait le cartable neuf qu'on portait en bandoulière ou sur le dos, bien plus beaux mais moins ergonomique que les actuels sacs à dos en nylon, les livres neufs qui sentaient bon, la nouvelle salle de classe, le nouveau maître ou la maîtresse, le nouveau pupitre (à côté de qui serai-je assise cette année), l'enthousiasme nouveau.


C'était une autre époque, je vous le concède, mais l'excitation est toujours au rendez-vous, aussi bien pour F1 que pour moi. Nous sommes allées acheter baskets, sac (Hanna Montana) et vêtements (Hanna Montana et Jonas Brothers) mais il nous faut attendre de savoir quelle école elle fréquentera avant d'aller chercher les livres et les effets scolaires. J'ai tout de même commandé et reçu cette trousse à crayons en cuir noir. Une trousse comme il y en avait à l'époque, une trousse durera des années et qui préservera la mine des crayons de couleurs en empêchant qu'ils ne s'entrechoquent continuellement. Elle est plus belle que sur les photos, et la finition est impeccable. Après y avoir bien réfléchi, je crois que je ne la lui offrirai pas pour la rentrée : à l'école, elle risque trop de se la faire voler. La trousse restera donc cachée jusqu'à Noël et elle servira à entreposer les crayons à la maison. C'est un beau cadeau, je me ferai plaisir en l'offrant et je crois qu'il sera apprécié.


De mon côté, je suis en train de produire un plan pour un cours que je donne pour la première fois. J'ai demandé une charge de cours réduite de moitié, je ne devrais avoir que deux groupes. Seulement, il se pourrait qu'à la dernière minute on m'oblige, pour des raisons qui relèvent de la convention collective, à prendre une tâche pleine. Si c'est le cas, je passerai mon tour, je ne veux plus de tâche pleine, je l'ai dit et je m'y tiendrai. Je veux prendre le temps de voir grandir mes enfants, et puis j'ai d'autres projets que j'aimerais mener à terme. N'empêche, en construisant ce cours, la frénésie de la rentrée s'empare de moi. Et puis j'enseignerai dans un campus situé à quatre ou cinq minutes de chez moi, c'est formidable. La fétichiste en moi envie Hortensia qui vient de s'offrir un beau bureau et un fauteuil de travail confortable. Mais je me raisonne en me disant qu'un bureau ne sert à rien d'autre qu'à remiser ma paperasse et que, désorganisation oblige, je travaillerais toujours, de toutes façons, et même avec le plus beau bureau et le plus confortable des fauteuils, sur le plancher du salon, de ma chambre ou, au mieux, à plat ventre sur mon lit.



Les villes invisibles

d'Italo Calvino


On s'y vautre littéralement. Chaque page lue, lentement parce que ça se savoure, ne donne pas tant envie de passer à la suivante que d'être relue, et relue, et relue à l'infini. Chaque signe y fonctionne comme un miroir qui reflète mille signifiants qu'on voudrait tous, à la manière de Marco Polo, visiter pour que l'esprit s'y perde en allant toujours plus loin, là où le voyageur étonné ne découvre jamais que ce qu'aurait pu être le passé dont il s'est un jour détourné, un passé qui fascine et le tire de l'avant, le jette sur la route à la recherche de ce qu'il aurait pu être.

Pour peu qu'on y songe un instant, ce périple n'est-il pas celui de tout lecteur, voyageur porté par la puissance des signes dans des mondes possibles, comme Kublai Khan ne sachant plus qui, de Marco ou de lui, explore l'Empire.

Je ne suis qu'au premier tiers du bouquin, cédant presque toujours à cette irrésistible envie de revenir en arrière, de reprendre au début, de relire et relire et relire chaque page. Je n'en sortirai peut-être pas vivante ;-)






En extrait, le début du livre - ce sont en fait les quatres premiers chapitres:

« Il n’est pas dit que Kublai Khan croit à tout ce que Marco Polo lui raconte, quand il lui décrit les villes qu’il a visitées dans le cours de ses ambassades ; mais en tout cas, l’empereur des Tartares continue d’Écouter le jeune Vénitien avec plus de curiosité et d’attention qu’aucun de ses autres envoyés ou explorateurs. Il y a un moment dans la vie des empereurs , qui succède à l’orgueil d’Avoir conquis des territoires d’une étendue sans borne, à la mélancolie et au soulagement de savoir que bientôt il nous faudra renoncer à les connaître et à les comprendre ; une sensation dirait-on de vide, qui nous prend un soir avec l’odeur des éléphants après la pluie, et de la cendre de santal quand elle se refroidit dans les brasier éteints; un vertige qui fait trembler fleuves et montagnes historiés sur la croupe fauve des planisphères, laisse s’enrouler l’une sur l’autre les dépêches qui nous annoncent l’écroulement des dernières armées ennemies de déroute en déroute, écaille la cire des cachets de rois dont on n’a jamais entendu le nom et qui implorent la protection de nos armées victorieuses en échange de tributs annuels en métaux précieux, peaux tannées et carapaces de tortues : c’est le moment de désespoir où l’on découvre que cet empire qui nous avait paru la somme de toutes les merveilles n’est en réalité qu’un débâcle sans fin ni forme, que sa corruption est trop évidemment gangréneuse pour que notre sceptre puisse y apporter remède, que la victoire sur les souverains adverses nous a rendus les héritiers de leur lent écroulement. C’est dans les seuls comptes rendus de Marco Polo que Kublai Khan pouvait discerner, à travers murailles et tours promises à tomber en ruine, le filigrane d’un dessin suffisamment fin pour échapper à la morsure des termites.

Les villes et la mémoire. 1.

En partant de là et en allant trois jours vers le levant, l’homme se trouve à Diomira, une ville avec soixante coupoles d’argent, des statues en bronze de tous les dieux, des rues pavées d’étain, un théâtre en cristal, un coq en or qui chante chaque matin sur une tour. Toutes ces beautés, le voyageur les connaît pour les avoir vues aussi dans d’autres villes. Mais le propre ce celle-ci est que si on y arrive un soir de septembre, quand les jours raccourcissent et que les lampes multicolores toutes ensemble aux portes des friteries, et que d’une terrasse une voix de femme crie : hou!, on en vient à envier ceux qui à l’heure présente pensent qu’ils ont déjà vécu une soirée pareille et qu’ils ont été cette fois-là heureux.


Les villes et la mémoire. 2.

Il vient à l’homme qui chevauche longtemps au travers des terrains sauvages, le désir d’une ville. Pour finir, il arrive à Isidora, une ville où les palais ont des escaliers en colimaçon incrustés de coquillages marins, où on fabrique lunettes et violons dans les règles de l’art, où lorsque l’étranger hésite entre deux femmes, il en rencontre toujours une troisième, où les combats de coq dégénèrent en rixes sanglantes mettant aux prises les parieurs. C’est à tout cela qu’il pensait quand il avait le désir d’une ville. Isidora est donc la ville de ses rêves : à une différence près : dans son rêve, la ville le comprenait lui-même, jeune; il parvient à Isadora à un âge avancé. Il y a sur la place le petit mur des vieux qui regardent passer la jeunesse; lui-même y est assis, parmi les autres. Les désirs sont déjà des souvenirs.

Les villes et le désir. 1.

On peut parler de deux façons de la ville de Dorothée : dire que quatre tours d’aluminium d’élèvent de ses murs flanquant sept portes à pont-levis à ressort qui enjambent le fossé dont l’eau aliment quatre canaux de couleur verte qui traversent la ville et la divisent en neuf quartiers , chacun de trois cents maisons et sept cents cheminées ; et, tenant compte de ce que les filles à marier d’un quartier épousent des jeunes gens de l’autre quartier et que leurs familles échangent entre elles les marchandises que chacune possède à l’exclusion de toute autre : bergamotes, œufs d’esturgeon, astrolabes, améthystes, faire sur la base de ces données les calculs nécessaires pour savoir tout ce qu’on voudra de la ville touchant le passé, le présent, l’avenir ; ou alors dire comme le chamelier qui me conduisit là-bas : « J’y arrivai dans la première jeunesse, un matin, beaucoup de monde se dirigeait vivement dans les rues vers le marché, les femmes avaient de belles dents et vous regardaient droit dans les yeux, trois soldats sur une estrade jouaient de la clarinette, tout autour partout tournaient les roues et flottaient au vent les affiches peintes. Jusqu’alors je n’avais connu que le désert et les pistes des caravanes. Ce matin-là, à Dorothée, j’ai compris qu’il n’y avait rien de la vie qui ne m’attendît. Dans la suite des années, mes yeux sont retournés contempler les beautés désertiques et les pistes de caravanes ; mais maintenant je sais qu’il ne s’agit là que de l’une des si nombreuses voies qui s’ouvraient ce matin-là devant moi, à Dorothée. »
(Italo Calvino, Les villes invisibles)

lundi 21 juillet 2008

Muss es sein



Et parce que cette chanson-là appelle toujours pour moi cette autre, moins connue, qu'on ne trouve malheureusement nulle part sur le web et qu'on n'entend pas souvent, je l'ai encodée et uploadée sur Dailymotion, avec la mauvaise conscience de bafouer les droits d'auteurs. Je la laisse une semaine, puis je l'effacerai d'ici et de Dailymotion. Désolée pour la vidéo moche, sans originalité, et pas du tout dans le rythme. Si j'avais pu m'en passer, de cette vidéo, je l'aurais fait croyez-moi! Mais je ne sais pas comment mettre de la musique en ligne autrement.La chanson étant très longue, j'ai fait du remplissage, rien de plus. De toutes façons, cette chanson-là, on ferme les yeux quand on l'écoute ;-)

samedi 19 juillet 2008

La désorganisation


Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été désorganisée.

Passionnée de littérature, je suis pourtant allée faire un bac en théologie1 mais je ne m'intéressais déjà plus qu'à la philosophie. Pendant que je faisais ma maîtrise de philo, c'est la littérature qui me prenait tout mon temps et lorsque j'ai entrepris la maîtrise de littérature, je me suis surtout intéressée au traitement de questions philosophiques.

Toujours à côté de la plaque, incapable (mais en ai-je seulement la volonté?) de me discipliner un peu.

Je n'ai pas d'agenda, j'ai beau essayer d'en tenir un mais je ne parviens jamais à le faire plus de trois jours consécutifs. Je ne porte jamais de montre puisque je les perds toutes et que de toutes façons, ça m'agace tellement que je n'ai aucune envie d'en porter. Tous mes repas sont improvisés à la dernière minute et j'ai beau essayer de faire des listes d'épicerie réfléchies, je dois retourner acheter des choses oubliées presque chaque jour que Dieu fait. Là, les vacances arrivent, et je n'ai presque rien planifié. Mes achats de Noël, je les fais bien sûr le 24 décembre et lorsqu'il me faut me rendre à une réception, je suis toujours catastrophée de réaliser à la dernière minute que je n'ai pas, dans ma garde robe, les vêtements qu'il me faut mais que j'étais pourtant certaine d'avoir.

Connaissez-vous ça, vous, une mère qui n'arrive pas à se rappeler de la date de naissance de son deuxième enfant??? Ne me parlez pas de blocage psychologique, je suis folle de cette enfant, mais chaque fois qu'on me demande sa date de naissance et que j'hésite entre le 21, le 22 et le 23 du mois x, j'ai l'air de la sacrée perdue que je suis!

Connaissez-vous-ça, une femme qui, non seulement oublie à tout coup l'anniversaire de mariage, mais qui en plus, n'est même pas foutue de se rappeler la date de cet anniversaire! Et ne me parlez pas d'oubli volontaire, de blocage, etc. Ma relation avec l'Encrier dure depuis dix-huit ans et c'est bien la seule chose qui ait tenu jusqu'ici dans ma vie.

À côté de la plaque, bordélique et désorganisée. Je le dis en toute modestie : je pense que dans mon genre, je suis un phénomène.

La désorganisation a bien sûr un coût économique (ce n'est pas toujours beau-beau, les finances d'une désorganisée…), psychologique (crises de panique de la désorganisée qui n'a encore une fois rien prévu ni préparé alors que les invités arrivent dans quinze minute) et affectif (tant d'amis perdus de vue, oubliés, parce que je ne les rappelais pas, ayant l'esprit et le corps ailleurs…). Mais la plupart du temps, je vis assez bien avec, me disant que le peu de temps que j'ai, je ne veux pas le consacrer à des choses aussi rasoir que l'organisation. Mon entourage soupire, mais a bien dû s'y faire. Certains2 trouvent que cela a du charme :

― « Maaaadame, on vous trouve tellement drôle, perdue dans votre monde. Mais surtout, ne changez pas, c'est comme ça qu'on vous aime, on vous trouve tellement cute! » (propos d'élèves)

Et lorsque l'Encrier, enfilant du short étrangement étroit, se rend compte que c'est en fait une culotte d'F1 que la ménagère dysfonctionnelle a rangée dans son armoire, cela donne toujours lieu à de franches rigolades.

Comment ce blog a-t-il pu survivre aussi longtemps, et comment puis-je être fidèle presque chaque jour au rendez-vous, ces temps-ci deux fois plutôt qu'une, cela reste pour moi une énigme3. J'ai souvent tenté de tenir un journal, question d'agripper un fil d'Ariane et le suivre, quelle qu'en soit la direction, mais je n'ai jamais pu tenir bon plus de trois jours.

Je me suis habituée à moi-même et la plupart du temps, je coexiste assez bien avec mes défauts. Mais de temps en temps, la rage organisatrice me prend violemment, surgie d'on ne sait où. J'ai beau me moquer des amateurs de graphiques et d'algorithmes, je me pends alors à les envier. Et c'est alors la folie du rangement de tiroirs et de garde-robes qui s'empare de moi. J'emprunte les Coup de pouce de ma mère, je lis avec admiration et envie les menus et les comptes-rendus ménagers de Sahée et je me rêve semblable. Je suis dans tous mes états, comme si un esprit étranger s'était emparé de moi.

« Dieu du rangement, sors de ce corps! »

Tout ça pour vous dire qu'aujourd'hui, je rêve d'agendas, de schémas, d'algorithmes, de budgets, de listes d'épicerie, de planification détaillée, de fichiers Excel.

Et j'ai ce dilemme qui me taraude : je ne veux pas multiplier les blogs, je me connais trop pour savoir que je ne parviendrai jamais à en tenir plus d'un, mais l'aspect hétéroclite de celui-ci où se côtoient calligraphies, récits de mes déboires personnels, ma vie de famille et des morceaux de mon jardin m'agace de plus en plus. Vous me direz qu'il y a pire comme problèmes dans l'existence et j'en conviendrai, mais me voilà tout de même tourmentée.

Heureusement, je sais que la manie est passagère et que tout devrait rentrer dans l'ordre je redeviendrai moi-même sous peu.

(1) J'en suis aux aveux, mais pas de questions là-dessus s.v.p.

(2) Ceux-là ne vivent généralement pas avec moi 24h sur 24.

(3) Enfin, presque ;-)

mercredi 16 juillet 2008

Difficile de se débarasser de certaines représentations

J’étais en train de dé répondre quelque chose au commentaire laissé par Femme libre au message d’hier, réponse qui devenait un peu trop longue et dont je préfère faire un nouveau billet.

Je lui disais que je ne vais pas si loin que de réclamer le titre d'artiste ; ceux qui renvoient à la pratique d'une activité (calligraphe, peintre) me suffisent amplement. Mais ceux-là aussi, on a trop de scrupules à les revendiquer et d’aucuns s’arrangent pour nous faire comprendre haut et fort que nous n’y avons pas droit. Alors je demande que ces titres soient désacralisés, c'est tout ;-) Que des œuvres extraordinaires soient sacralisées, vénérées, je pense que c'est important. Ces œuvres sont des repères qui nous inspirent, des significations fortes qui nourrissent, renouvellent et structurent notre représentation du monde. Mais les activités elles-mêmes (peindre, sculpter, etc.) ceux qui s’y adonnent (peintres, sculpteur, musicien), c'est autre chose. Il y a une certaine idéologie de l'art prenant ses racines dans le romantisme il me semble, qui fait de l’artiste un inspiré, un être d'exception qui peut de ce fait produire des œuvres exceptionnelles. Alors que c’est l’inverse. Mais l’image du demi-dieu est assez gratifiante.

Cette représentation de l’art est, d’une façon un peu paradoxale, à l’origine de la déconsidération de la pratique artistique. Car nous ne pouvons pas tous être des demi-dieux. Et pour ne pas que le mythe s’effondre, on distingue deux pratiques de la musique, de la peinture, de la danse : d’un côté, il y aurait la vraie, celle des ayant-droit, de l’autre, il y aurait celle des dames patronnesses qui ont du temps à perdre, des notaires à la retraites, des élèves qui doivent se reposer les neurones de temps en temps avec un peu d’art plastique… Cela permet de préserver le mythe.

Ce mythe relève d’une idéologie de l’art, il défend des intérêts, l’intérêt de ceux qui réclament le titre, le statut. Que certains artistes soient réellement des demi-dieux, ok! Nebreda est à mon sens un artiste d’exception, mais c’est son œuvre qui le fait tel, et non l’inverse.

Comment se fait-il que nous, pauvres mortels, sommes tous, à prime abord, si scrupuleux à montrer aux autres un poème que l’on a écrit, une chanson qu’on a composée, une toile qu’on a peinte, si ce n’est parce que nous sommes marqués par ce mythe de l’artiste demi-dieux et que de montrer ce que nous avons fait nous semble alors une prétention trop inouïe pour ne pas en avoir honte? D’où le syndrome de l’imposteur. Et c'est malheureux, parce qu'au bout du compte, la pratique artistique en pâtit forcément dans nos sociétés.

Peindre, écrire, ce ne sont pas des gestes sacrés réservés aux demi-dieux. Les demi-dieux existent, mais il n'ont pas peur de ceux qui s'adonnent en novices aux mêmes activités qu'eux, et ne témoignent pas de tant d'âpreté à défendre, toutes griffes dehors, des appellations.

Je n'ai pas fait moi-même l'objet de remontrances, comme certains d'entre vous semblent s'en être inquiétés, mais j'ai lu et entendu des propos qui m'ont choquée, c'est tout. Et à réfléchir à l'origine de mes scrupules, de mes démons intérieurs : insécurité personnelle, bien sûr, mais pas seulement, il me semble - la chose en ce domaine est beaucoup trop répandue, et trop étrange, lorsqu'on y pense.

Sur ce, je clos cet intermède philosophique. Je suis en vacances, non?





mardi 15 juillet 2008

« Merci » ou « De la persévérance » ou « Sortir du placard et respirer au gand jour »

(le 16 au matin, une suite vient d'être ajoutée pour clarifier mon propos)


On n'a pas peur de faire du jogging au vu et su de tous et chacun même si on ne fracasse pas de records, même si on n'est pas coureur professionnel, même si on est simple débutant qui chausse ses souliers de course pour la première fois. Et pour peu qu'on persévère dans cette pratique, on nous accordera volontiers le titre de sportif. Parce qu'on conviendra facilement que c'est la pratique du sport et la passion pour le sport qui fait le vrai sportif, et je trouve qu'on a bien raison de concevoir les choses de cette façon.

Pour ce qui est de la pratique d'une activité artistique, c'est autre chose. Si bien que trop souvent, celui qui aime peindre, dessiner, écrire, composer restera toujours mortifié à l'idée de livrer au regard des autres des choses « qui, de toute évidence, ne sont pas à la hauteur », et ça lui prendra souvent une bonne dose de détermination pour ne pas reculer, pour persévérer au grand jour dans la pratique de ce qu'il fait, parce que dans ce domaine, on admettra rarement que la passion et la pratique fassent d'un individu un artiste comme cela pourrait en faire un sportif.

J'ai toujours été étonnée de constater l'âpreté et le dédain avec lesquels certains artistes professionnels défendent ce qui apparaît comme un titre réservé à quelques élus et que de ridicules usurpateurs s'arrogeraient en leur faisant toujours un tort considérable. Il est un calligraphe réputé qui ne cesse de tenir ce genre de discours. La hauteur et le mépris avec lesquels il traite tous les scribouilleurs qui n'ont pas trente ans de pratique et quinze ans de formation dans les grandes écoles virent à l'acharnement. Dans la même veine, on pouvait lire, l'an passé, dans une revue sur l'aquarelle, les propos méprisants du président d'une association pour la promotion de l'aquarelle (sic!) se lamenter haut et fort du tort que causaient aux vrais artistes la déplorable démocratisation du médium et l'émergence de ces légions de peintres du dimanche qui jettent le discrédit sur ce bel art. On se gausse de « celui qui croit tout savoir alors qu'il n'a rien appris », de sa naïveté, de ses ridicules prétentions.

Peintre, sculpteur, calligraphe, il semble que cela soit des appellation réservées aux artistes avant d'être des activités auxquelles chacun peut s'adonner. Que les bonnes gens s'amusent à rimailler, à peindre, à faire du théâtre d'été, soit! Mais de grâce, qu'ils le fassent en cachette, à l'abri des regards, dans leurs salons ou leurs greniers, et surtout qu'ils n'en parlent pas puis que cela ne mérite ni un regard, ni une oreille attentive. Passe-temps, divertissement, désennuiment, hygiène de vie à la rigueur.

D'un côté, l'Art qui se décline toujours avec un grand A et qui s'accroche à sa majuscule, de l'autre, l'hygiène, le divertissement. Si l'école ne considère les cours de musique, de théâtre et d'arts plastiques que comme des cours bouche-trous qui servent tout juste à remplir les plages horaires vides et à permettre à l'élève de se reposer un peu la tête entre deux cours « sérieux », ce n'est que la manifestation de cette idée selon laquelle ces pratiques ne sont pour nous que d'hygiéniques passe-temps.

(Juliette, je t'envie, tu n'as pas à te cacher et à surmonter le rouge qui te monte au visage lorsque tu enfiles tes souliers de courses. Et comme tu es plutôt sympathique, des fois je laisserais là mes ces plumes et pinceaux que j'ai l'outrecuidance ou peut-être le ridicule de posséder et j'irais faire quelques kilomètres avec toi ;-)

***

« Alors, Léger-Léger, on me dit que vous taquinez la muse à temps perdu? » disait à peu près en ces termes(1) je ne sais plus quel ministre ou haut diplomate à Saint-John Perse.

On imagine aisément le ton narquois, le sourire en coin – l'amusement.

***

(Moi à moi-même :) ―« T'as pas honte de mettre de telles choses en lignes, c'est ridicule, pathétique! »

(moi-même à Moi :) ― « J'ai fait ce que j'aime faire et je l'ai fait du mieux que je le pouvais alors ; je ne me mesure à personne. »

(Moi à moi-même) ― « Tout de même! Du devrais effacer ça et ça et ça du blog, au moins! »

(moi-même à Moi) ― « Comme Femme libre assaillie par le doute, je persévère! Je continue ce satané cours de yoga à mettre en ligne ce que je fais et je n'écouterai pas la voix de monsieur M. les discours fascistes, les chiens de gardes qui font mine d'être subversifs et qui protègent des titres. »


***

Hier, Moi parlait vraiment très fort, et j'avais du mal à lui tenir tête.

Mais lorsque cela se produit et que je lis les commentaires que vous me laissez en passant, cela m'aide à persévérer et à ne pas me déclarer vaincue par ces scrupules qui m'assaillent périodiquement. Il y a des gens pour regarder ce que j'ai envie de faire et de donner à voir, je respire au grand jour. Pas besoin d'un vaste public, simplement de sortir du placard. C'est génial.

Cela m'aide à retourner à mes petites affaires. À faire mes petites affaires.

Et puis, je pense aux Grecs (c'est mon côté pompeux, on ne se refait pas) pour lesquels ces disciplines que nous qualifions d'artistiques n'étaient pas des chasses-gardées de grands génies ou de corporations mais essentiellement une poïesis, un « faire », une praxis, une activité de transformation. Je n'ai ni la prétention de faire de l'Art, ni celle de créer (ce serait bien naïf), mais je peins comme je le veux et je refuse de céder à la tentation de m'en cacher, je revendique le droit de le faire au grand jour et de me dire calligraphe ou peintre comme d'autres se disent sportifs, sans prétentions mais sans avoir à me justifier non plus. Ma passion et ma pratique sont à mes yeux des justifications suffisantes.

Discours naïf et prétentieux? J'assume.



PS. Comment ne pas admirer Solange qui réalise chaque fois un beau doublé en ayant le front de nous offrir ses pastels et ses poèmes! Faut le faire!

PPS. Le libellé de ce billet? Perversions innommables, pardi! ;-)

  1. Trop paresseuse pour retrouver la citation exacte, je la redonne à peu près.

Ajouts du lendemain matin.

Hier, j'étais assez contente de ce billet, mais ce matin, je me demande s'il est et sera bien interprété. L'Encrier, qui me connaît, c'est bien amusé à le lire et a beaucoup ri, mais les gens semblent inquiets et cherchent à me rassurer dans les commentaires...

Je ne pars en guerre contre personne, je remets en question une attitude qui me semble dommageable et je combats des démons intérieurs. Je le fais en m'amusant, ce billet, je l'ai écrit en riant. Que cela soit clair : je ne joue pas au grand artiste incompris, je ne suis pas en mal de reconnaissance et je ne réagis pas émotivement à quelque chose qu'on viendrait de me dire. Et mes propos ne visent personne en particulier non plus (si, tout de même, j'ai cité deux personnages ;-) Je me questionne sur notre rapport à l'art, un rapport de sacralisation que je remets en question en interrogeant les motivations et les effets de cette sacralisation.

Ceci dit, je ne méprise pas ni ne tienne pour rien l'investissement considérable d'artistes qui se donnent à fond à une formation rigoureuse! Je n'ai pas l'intention de devenir le nouveau monsieur Jourdain et je ne pense pas qu'en art, tout se vaut. Je conçois très bien que le parallèle que j'ai fait en début de billet entre la pratique du sport et l'activité artistique soit discutable. Il relève en partie de la rhétorique. Il est heureux que le travail des meilleurs soit pleinement reconnu et je ne serai pas de ceux qui refusent de dire qu'en ce domaine, tout n'est que pure appréciation subjective. Mais la reconnaissance des meilleurs ne doit pas devenir terrorisme ou censure. Et je me demande si parfois, il n'y a pas un peu de cela.

Just my two cents ;-)

Le diable et l'évèque




L'Évèque, un centfeuilles



Robert le diable, un autre centfeuilles

Ces photos n'ont pas été manipulées ou retouchées.

Pourquoi, dites-moi, chercher à produire une horrible rose bleue quand de telles beautés existent et constituent un patrimoine horticole en voie de disparaître?

samedi 12 juillet 2008

Du vice et autre sujets graves

ou J'adore les gadgets!







Trouvé chez Tassily un chouette lien qui fait une mise en page aléatoire d'un petit texte. Vous pouvez en contrôler certains paramètres.Il suffit de taper n'importe quelle connerie pleine de clichés (pas certaine que de copier des formules mathématiques donnerait de bons résultats) et ça ressort sous la forme d'un poème surréaliste mignon tout plein.

Ici, j'ai tapé :

"Qui sait encore s'abandonner tout entier au vice coupable de l'inutilité et en savourer les fruits fades? Ce goût du vide dans la bouche, qui peut encore s'en délecter?"

Cliché, ado et narcissique à souhait, mais avec la mise en forme aléatoire, ça passe drôlement mieux :-))

remarquez, on peut toujours écrire autre chose que des conneries. J'ai tapé le premier texte du nouveau blog de Mlle V. et ça a donné quelque chose d'intéressant. Je lui ai envoyé le lien, je ne sais pas si elle aimera :-))

mardi 24 juin 2008

Chère amie, on l'a!!!

L'avons-nous cherchée, traquée, espérée!

Et bien nous l'avons enfin! Le petit plant a même survécu à l'hiver, sans aucune protection, pas même un léger buttage.

Les photos sont moches : le voisinage d'une armoise que j'ôterai de là pour y placer un plant de sauge qui conviendra beaucoup mieux, la pluie qui a gâtée les pétales, le manque d'éclairage au moment où moment où j'ai pris les photos, tout a contribué à enlaidir les photos.

Les feuilles m'ont étonnée : définitivement pas des feuilles de Noisette, ni de Bourbon. En les regardant, avant l'apparition des boutons, j'ai cru à une erreur, que le rosier j'avais bouturé était un Damas. Vérification faite, l'un de ses deux parents est un Portland produit par Vibert, ce qui explique la chose. D'où sa rusticité sans doute.

Mais c'est bien elle, elle est là, elle est comme on l'avait rêvée, avec ses gros boutons carnés, et elle est très florifère, comme tu peux le voir sur une des photos. Si tu es prête à faire des boutures cet hiver, je t'envoie du bois.

Mme Alfred de Rougemont :








PS. On me trouvera cinglée de parler comme ça d'une rose (d'autant plus que celle-ci a comme autre nom Sappho - les rosiers anciens ont souvent plus d'un nom), mais bon, on en est pas à une perversion près, sur ce blog respectable ;-)

Vice inavouable

"Nous t'appelons, reflux! nous guetterons, houle étrangère, ta course errante par le monde. Et s'il nous faut, plus libres, nous faire plus neuve pour l'accueil, nous dépouillons en vue de mer tout équipement et toute mémoire."
(Amers)

Ça me prend périodiquement, ce besoin de quelque chose de pompeux, de pompeusement théâtral - à tous les six mois à peu près, j'ai encore besoin d'une petite dose de St-John Perse.

Cela se guérit partiellement. À dix-huit ans, j'en apprenais par coeur des pages et des pages. À cet âge, le goût du grandiose était encore excusable, mais à 42 ans, c'est devenu un vice honteux, auquel je cède encore, dans la honte et le secret ;-) Je me contente maintenant de quelques lignes, et la vie reprends son cours pour un autre six mois.

mercredi 18 juin 2008

Une nouvelle sorte d'hybride???

Vu l'autre jour sous un pickup noir jacké à plusieurs pieds du sol : une paire de grosses couilles de caoutchouc à l'allure plutôt bovine, suspendue bien en vue à l'arrière du véhicule.

jeudi 5 juin 2008

Le syndrome de l’imposteur, vous connaissez?


Dans la carte faite de leurs blanches mains que les étudiants m'ont remise il y a deux semaines, le même message revient inlassablement, dit et redit avec une insistance qui me laisse pantoise : « Madame, votre passion et votre enthousiasme ont donné vie à ce cours… », « Je n'aime pas tellement cette discipline, mais grâce à votre passion... », « Demeurez toujours aussi passionnée et blablabla ».

Passionnée???

Comment ai-je pu leur donner une telle impression, comment ai-je pu leur laisser croire une chose pareille? Toute la session durant, j'ai quitté à regret enfants, chat, pinceaux, plumes et Encrier pour m'atteler sans aucun enthousiasme au lourd travail de correction, de préparation de cours jamais donnés auparavant, morte-vivante qui a maudit le ciel chaque matin pour cette session de fous dans laquelle il m'avait je m'étais embarquée…

C'est sûr que les heures-contact avec les groupes d'élèves sont infiniment plus agréables que tout ce qui les précède et que l'épuisement qui leur succède, mais tout de même, j'y étais, moi aussi, à mes cours, et je ne suis ni sourde ni aveugle : c'était plate! Toute la session durant, j'ai été mortifiée de donner des cours aussi soporifiques, morte-vivante que j'étais, avec des passions qui me portaient vers tant d'autres choses.

Perplexe, je me dis qu'ils ont peut-être écrit ça juste comme ça, parce qu'il fallait bien y écrire quelque chose dans cette satanée carte. Mais je ne les savais pas si dénués d'imagination pour tous reprendre en chœur l'idée de celui ou de celle qui évoqua ma passion en premier.

Ça me semble un mystère insondable, peut-être une nouvelle forme de perversion que je ne connaissais pas ―ou encore l'art d'être complètement à côté de ses pompes.



mercredi 28 mai 2008

Fol qui ne se dédie

J'ai écrit il y a peu de temps que je ne prendrais plus de tag, mais celui-ci est tellement sympa que je l'ai pris. Voici donc ce tag donné par Anita et dont les règles sont les suivantes :

- mettre le lien de qui m'a taguée (fait)
- mettre le règlement sur mon blog (fait)
- répondre aux 6 questions suivantes (fait)
- taguer 6 personnes à la fin du billet en mettant leur lien (fait en tricheuse)
- avertir directement sur leur blog les personnes taguées. (je le ferai demain)

1 - Un aliment ou produit que je n'aime pas du tout
Pour l’odeur et le goût, je déteste le foie – même avec des tonnes de sauce, il ne parvient jamais à passer inaperçu.
Côté boisson, on trouve difficilement pire que le root beer :-(


2 - Mes 3 aliments favoris

- La pastèque

-Le chocolat

- Les cerises


3 - Ma recette favorite
Faites cuire 300g de semoule sèche, puis égrenez-la bien à la fourchette.

Hachez finement, au robot culinaire, 6 tomates, 2 ou3 poivrons verts, 1 oignon rouge, 1 grosse botte de persil frais, le contenu de 2 boîtes de conserve d’olives noires.

Incorporez tout cela à la semoule.

Ajoutez le jus d’un ou deux citrons et beaucoup d’huile d’olive.

Cela donne un gros plat de taboulé très coloré et très parfumé à l’olive.

4 - Ma boisson de prédilection
Une bière noire bien froide.

Pour mon côté kitsch ;-) l’Amarula

5 - Le plat que je rêve de réaliser et que je n'ai toujours pas fait
À vous de me le faire découvrir ;-)

6 - Mon meilleur souvenir culinaire
Un gâteau au fromage, fruits confits et chocolat. Il y avait une dizaine de convives à table. Durant l’année qui suivit, ils m’ont tous, l’un après l’autre, demandé de leur faire ce gâteau pour leur anniversaire. J’en ai donc fait une bonne dizaine cette année là; la plupart de mes convives en ont remangé à chaque fois.


Je tague donc à mon tour Cricri, Caro, Cloudy, Hortensia, qui m'a bien fait rire à Noël avec ses patates en chocolat. Je voulais tager la Vie mais je me rends compte, en allant jeter un coup d'oeil sur son blog, que quelqu'un l'a déjà fait, ainsi que S@hée qui m'a déjà dit qu'elle ne prenait pas de tag mais sans vouloir être harcelante, celui-là est si chouette! Le choc que j'ai eu en allant faire un tour sur son blog ce matin : je ne peux plus y entrer, c'est devenu un blog privé! Fidèle à mon habitude, je vais donc tricher (entendez : "réinterpréter les règlements") et simplement offrir à qui les veut bien les deux tags orphelines.

mercredi 14 mai 2008

Des extraterrestres et du péché originel.

Je n'ai toujours pas eu le temps de me mettre à cette calligraphie dont Anita au eu la génialissime idée. Mais elle est bien là, à murir encore un peu dans mon esprit. J'avais pensé traiter le sujet en dessinant une carte de visite sur laquelle serait inscrite, en lettres déjantées, ce titre burlesque de "régent de la Pénitencerie apostolique"et reproduire en arrière un masque et un personnage de la Commedia dell'arte. Il n'y a qu'à aller faire un tour ici pour constater que l'idée n'est bête, que je suis sur la bonne voie et que ce qu'il faut mettre en évidence, c'est bien le comique de la chose :))

Pelletage de nuages ou... de galaxies???

Heureusement que le ridicule ne tue pas. Mais quand même, quel gaspillage d'énergie dans un monde où il y a tantà faire !

Le kitsch appliqué à l'art des jardins (et à l'aquarelle aussi)

Encore un billet bête et méchant ;-)


Femme libre me demandait il y a quelques temps si je peignais les roses. J’avoue qu’à part quelques essais très stylisés, je n’avais pas vraiment essayé. Étrange peut-être, puisque mon jardin en est plein et que les roses anciennes ont longtemps été pour moi une véritable obsession. Mais si photogéniques qu’elles puissent être, je les trouve moins intéressantes en peinture.

Il me fallait tout de même m’y mettre, parce que si je veux un jour faire de la papeterie de réception et donc de mariage, il me faudra sûrement faire appel à ce genre de motif pour orner des calligraphies trop austères pour la circonstance. Je me suis donc essayée à peindre les roses, non pas ces belles roses simples gracieuses et émouvantes qui parent si bien les rosiers botaniques, mais les grosses fleurs turbinées qui parent les bouquets de mariées.

La rose de mariée, ou rose de fleuriste (encore appelée hybride de thé) est la rose kitsch par excellence (1). Et si elle peut encore trouver sa place dans un bouquet ou un pot de fleurs, au jardin, elle devient un incontournable classique pour tous les amateurs de kitsch. Car le kitsch a désormais des adeptes, il a même sa papesse qui lutte pour la reconnaissance et la préservation du patrimoine kitsch de Montréal. Propriétaire d’un bungalow en banlieue (même si ce n’est pas celle de Montréal) je m’inscris donc de ce fait, un peu malgré moi, dans cette grande tradition qui a également marqué l’art des jardins.

Mon voisin a des flamands roses et un canard de plastique sur sa pelouse avant. À chaque printemps, je m’attends à le voir installer sur son parterre un sympathique nain de jardin ou un petit nègre à lanterne. Mais mon voisin est un homme d’habitude qui n’aime pas les remises en question ; il se contente donc de ressortir inlassablement, année après année, ses flamands roses et son canard. Je respecte ça en m’efforçant, de mon côté, d’intégrer le kitsch à ma déco de jardin.

Pour ce faire, j’ai choisi les roses, des fleurs qui ont su faire leurs preuves en matière de kitsch. Mais je m’assume mal : céder sans réserve au kitsch impliquerait trop de choses auxquelles je ne saurais me résoudre, comme de planter des floribundas et des hybrides de thé au jardin. La place me manque, l’envie aussi.

Des années d’expérience dans la culture de cette plante m’ont permis d’établir avec précision une échelle appréciative des différents types de rosiers que je soumets au lecteur désireux de créer un jardin kitsch. Les rosiers seront présentés selon l'intérêt qu'ils présentent, en ordre décroissant.

1.
1. Les hybrides de thé et les floribundas, également appelés « roses de fleuriste », ainsi que tous les rosiers Meilland, à quelques rares exceptions près. La néophyte que je suis ne s’est pas encore aventurée dans ces hautes sphères de la kitschitude. Le lecteur notera que les roses bicolores, mauves ou rouge pompier sont les plus prisées dans le jardin kitsch, mais que la rose bleue, qui remporterait certes la palme du kitsch-plus-ultra en déclassant du coup toutes ses rivales, n’existe pas encore. Ce n’est pour l’instant qu’une légende urbaine bien entretenue par l’industrie de l’hybride de thé. Les roses bleues qu’on essaiera de vendre au rosiériste débutant sont en fait des roses teintes (en bouquet) ou des roses d’un rose mauve (pour les rosiers à planter).

2. 2. Les rosiers anglais. J’en ai déjà eu beaucoup mais je les ai presque tous arrachés et donnés lors de l’une de ces crises périodiques durant lesquelles ma foi dans l’intérêt du jardin kitsch vacille.

3. 3. Les hybrides de rugosa, appelés à tort « rosiers rustiques » ― tous les rosiers qui sont adaptés au climat du jardin où ils sont plantés peuvent être dit « rustiques », la rusticité n’étant pas une variété ou une famille de rosiers mais une notion relative à l’adaptation au climat. Je n’ai qu’un hybride de rugosa (Agnes), mais je l’aime beaucoup ;

4. 4. Toutes les catégories de roses anciennes.

5. 5. Les hybrides de musc et autres rosiers qui en dérivent comme les créations de Lens, par exemple. J’avoue que si je disposais encore d’un peu d’espace pour planter quoique ce soit, j’en planterais beaucoup. Mais ils n’ont guère leur place dans le jardin kitsch. Pour preuve : l’étonnement du visiteur qui vous demandera ce que sont des petites fleurs simples ou semi-doubles qui parent si joliment un buisson plein d’épines et qui s’indignera de vous entendre dire qu’il s’agit de roses puisque, de toute évidence, ce ne sont pas là de « vraies » roses.

6. 6. Les rosiers botaniques, nec-plus-ultra du rosomane snobinard, mais que l’amateur de jardin kitsch qui préférera aux grands buissons à port souple les quelques baguettes raides des hybrides de thé. Avoir un graaaaand terrain, il me prendrait des envies de snobisme.

Il va sans dire qu’on voit rarement des mariées porter des bouquets taillés à même les rosiers botaniques. Le mariage est un des grands moments kitsch de la vie où on cède sans retenue et sans résistance à tout ce qui nous ferait honte à un autre moment. Il n’était guère utile, dans la perspective mercantile dont l’amateur de kitsch ne cherchera pas à se cacher (2) mais qu’il apprendra à considérer comme une valeur patrimoniale sûre, de me mettre à peindre des roses simples ou semi-double. Il fallait faire dans le très double, le pompeux, le pompier. Voici donc les quelques essais réalisés dernièrement.

Mon premier essai a de quoi intéresser les vrais mordus du kitsch. Comme je ne suis pas encore de ceux- là et que même si je ne veux présumer de rien, il y a bien des chances que vous n’en soyez pas non plus, appelons-ça un horrifique cauchemar. Âmes sensibles, s'abstenir !

Esssai 1:


Avant d’entreprendre les essais n.2, et 3 je me suis juré de ne pas récidiver en peignant d'autres aquarelles de fleurs agressives/agressantes, ce qui m’a amené à pêcher par excès contraire. L’essai n.2 s'est avéré être un pénible mélange d'aquarelle et de guimauve que je n'ai pas cru bon de devoir terminer. L'essai 3 si désespérément sage et convenu que je me suis ennuyée ferme à le peindre, tant que je n’ai pas jugé bon de le terminer non plus.

Essai 2:




Essai 3


L’essai n.4 me satisfait enfin. Je crois que c’est ce que j’ai fait de mieux. Mais c’est peut-être un peu austère pour agrémenter des calligraphies de mariage.

Essai 4 ;



Les essais 5-6-7, réalisés hier soir, sont plus réussis dans le genre mi-kitsch. Juste assez pour un mariage fleur-bleue : kitsch, mais avec retenue, et sans offenser le bon goût.




C'est quand même presque plus que mon côté fifille n'en peut supporter. L'Encrier m'a conseillé de peindre une tête de mort juste à côté des roses pour en neutraliser l'arrière-goût de nunucherie. J'y songe, j'y songe ;-)

Ou alors, peut-être, revenir à l'élégance toute simple des tulipes?

Notes :
(1) Le lecteur aura compris qu'il ne faut pas prendre au sérieux les insultes que je profère à l'endroit de ses rosiers préférés.
(2) Le lecteur aura compris que j'exagère et que j'ai beau être avide de gloire, de célébrité et être en mal de succès commercial, je ne peinds pas ce que je n'ai pas envie de peindre.

lundi 12 mai 2008

Dernière tague à vie ;)



Cricri m'a donné cette tague que je refilerai à ceux qui voudront bien la prendre.



Je m'exécute donc avant de vous donner des nouvelles du front.


5 choses que je dois faire aujourd'hui :

Corriger (mais le ferai-je????)

Surveiller un examen (ça, je n'ai pas le choix, de dois et je ferai)

Passer à la bibliothèque

Faire des « porcs-sécondes » parce qu'F1, elle adoooore mes porcs-sécondes au jus de poire.

Préparer la valise d'F1 qui part demain pour trois jours dans un camp


5 grignotines que j'aime :

Les fruits séchés en mélange

Les chips bio au sel de mer Choix du Président

Les chips Ruffles crème sûre et oignons

Tous les fromages

Des carottes avec de la crème sûre


5 emplois du temps passé :

Rédactrice/traductrice

Caissière chez Sears (3 jours)

Pelleteuse de nuages

Assistante à la recherche

Monitrice de camp de jour

(Pas forcément dans cet ordre)


5 Mauvaises habitudes :

Remettre à plus tard ce que je peux faire aujourd'hui

Le café

Me coucher trop tard, me lever trop tôt

Prendre l'auto

Poster des billets sans me relire


5 endroits où j'ai habité :

Gatineau

Ottawa

Laval (3 villes plates ;) )

Les nuages

La Chine imaginaire (2 endroits vraiment super!)


5 choses que je ferais si j'étais millionnaire :

Je ne sais pas : je n'ai jamais acheté de billets de loterie et je n'y ai jamais songé. Sincèrement, je ne sais pas. J'aimerais bien voyager, mais j'oublie ça à cause de la pollution que cela génère ― c'est plate mais l'enjeu est trop important pour que je cède à mes désirs. Disons donc que je me mettrais à l'abri du besoin et que je ferais la même chose pour ceux que j'aime.