jeudi 14 février 2008

Graine de philosophe, va!

"... maintenant seulement la montagne de l'avenir humain va enfanter. Dieu est mort : maintenant nous voulons – que vive le Surhomme!" ― Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra


F2 saute à cloche-pied dans la cuisine, débordante de vitalité et de bonne humeur. Comme à son habitude, elle s'extasie tout haut des innombrables et merveilleuses connaissances acquises aujourd'hui, fière d'être aussi savante, heureuse, surtout, de découvrir le monde et la vie.


Rayonnante et tout à son bonheur, elle proclame à haute voix la bonne nouvelle du jour :

―Un jour, on sera TOUSSSS morts! Comme… heu…


heu, qui est mort encore ??? …


(brève pause - ça cogite fort dans cette petite tête à se demander qui, depuis que le monde est monde, a bien pu mourir ; et puis elle me sort : )


Ah oui : Dieu!


….


Maman! C'est qui encore, Dieu???



jeudi 31 janvier 2008

Hamtaro Story - Part 2



(pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas le début de l'histoire, voici le
préambule à cette triste affaire et le premier chapitre de l'histoire)




Un drame, hier : un des bébés est mort hier, coïncé entre la roue d'exercice et le barreau de la cage. F1 a fait la macabre découverte à l'heure du lunch. La pauvre en a été assez boulversée. Oserai-je vous dire que j'ai pensé : "Yesss! un de moins!" (meu non, je ne suis pas si méchante)

Le 16 février, Exit la marmaille sauf un qu'on gardera pour F2. Je manque de mots pour vous dire à quel point j'ai hâte. Parce que s'il y a encore une semaine, je m'extasiais encore devant tous ces mignons poupons, laissez-moi vous dire que nos monstres ont consiérablement grossi en une semaine! 7 (aujourdhui 6 - héhé!) pisseurs/déféqueurs dans une même cage, ça donne une odeur épouvantable en moins de 24 heures. Et pour nettoyer tout ça, il faut les sortir un par un. Qui fait ce boulot, d'après vous?


Quand je pense que j'ai encore deux semaines à vivre ça... ça donne envie d'inaugurer un nouveau libellé "Journal de survie d'une Madame Pipi".

mercredi 30 janvier 2008

Le bonheur, un lundi après-midi



Rémi, avec un grand sourire d'enfant moqueur qui lui traverse le visage de part en part, des yeux pétillants de jeune loup : Madame, vous allez nous raconter des anecdotes de comment ça se passe, avec vos élèves de DEC?

Tous les autres : Oh ouiiiiiiiiiii!!!!! des anecdotes!!!! C'est comment??????


Moi, avec des yeux tout ronds, surprise mais juste à moité, prête à éclater de rire (comme Rémi et tous les autres d'ailleurs) : Ben quoi? Vous ne voulez tout de même pas que je les bitche???

Eux, meute de jeunes loups qui s'ennuient, baveux, rieurs, pleins d'ironie, dégoulinants de sarcasme, heureux et méchants comme je les aime : Oh ouiiiiiiiiii!

Moi, bras ballants, me laissant tomber sur ma chaise en levant les yeux au ciel mais c'est juste du théâtre : Bon...

Eux, lionceaux qui attendent que moi, la mère lionne, je leur jette une gazelle encore vivante à se mettre sous la dent : ...

Moi, me laissant tomber le front sur le bureau, mais c'est pour le théâtre : Ben, hier, j'ai eu un groupe d'éthique sociale. C'est leur troisième cours de philo et ils ne savaient pas ce qu'est un problème philosophique.

Ils se sont jetés sur le morceau que je venais de leur lancer. Ça leur a suffit. La délectation, le pur bonheur se lisait dans les yeux qui scintillaient de mille feux. C'était leur gazelle du jour.

Wow, je m'en suis tirée facilement ce jour là!




Surtout, n'allez pas penser que mes lionceaux sont snobs, hautains, vaniteux. N'allez pas croire que j'enseigne à une meute de hyènes. Pas du tout. Ils sont juste espiègles et pleins de vie. Ils s'ennuient un peu en ce moment et cherchent des façons de s'amuser. Et puis des gentils, ils y en a tellemmmmment de par le monde, et ils sont souvent si rasoirs! :)

LOST 4

Lost 4 commence demain !!!!!!!

Vous n'allez pas rater ça, hein?

Qui est dans le cercueil? Allez, vos impressions.

Je dis : Sawyer!

Des nouvelles du front

Non, je ne suis pas morte, mais si jamais je vous laissais sans nouvelles plus de vingt jours, ce serait mauvais signe, vous pourrez alors avoir une petite pensée pour moi.

Je regrette déjà ma lâcheté. Pas quand je suis dans la salle de classe, mais dès que j'en sors et que je dois m'atteler aux corrections et à la préparation des cours. Ça ne dira peut-être pas grand chose à ceux qui n'enseignent pas au collégial, mais le lundi, je donne 7 heures de cours, que du contenu différent. Ça se termine par un bloc de trois heures de 3à 6, avec un cours que je n'ai jamais donné et des élèves considérablement plus faibles que ceux que j'ai l'habitude d'avoir (donc, autres stratégies). J'arrive chez moi crevée, je vourais dormir deux jours pour m'en remettre, mais il me faut préparer les trois heures de cours du lendemain (8 à 11h), encore du contenu différent, encore un cours que je n'ai jamais donné, encore un cours où certains sont faibles (pas mal de futur flics) et un élève qui me semble déficient. Le début de semaine me tue, mais il faut survivre pour la suite.

Ça ne fait qu'une semaine et demi que c'est commencé, et je rêve déjà de la fin de la session. Dire que j'aurais pu me la couler douce et agréable avec mon 50% de tâche en me contentant de mes cours au PSQ. Dire que j'aurais pu aller étudier les moeurs des singes bonobos en Afrique, grâce aux bons conseils de Ce bref Réveil! Je suis bien punie d'avoir cédé aux flatteries comme le corbeau de la fable. Mais on ne m'aura pas deux fois. J'ai averti tout le monde : si jamais je refais une telle bêtise, qu'on me passe la camisole de force et qu'on m'enferme.



Bon, assez chiâlé, passons à des nouvelles plus agréables à lire.


Avec un de mes groupes du PSQ, je dois faire une lecture critique de Malaise dans la civilisation et de l'Abrégé de psychanalyse. Il me faura aborder l'interprétation que Freud fait du complexe d'Oedipe chez la fille. En gros, elle est envieuse parce qu'elle n'a pas été dotée d'un pénis, en veut à sa mère, se détourne d'elle et reporte son amour vers son père - elle sortira de cette crise par le déni ("J'ai un pénis fictif, je suis lesbienne", lui fait dire Freud qui confond allègrement lesbianisme et transgenre ou alors "J'ai un pénis, celui de l'amant qui m'offre le sien") et en développant, réactivement et dans l'amertume, sa féminité ("Je ne peux avoir de pénis, mais ça ne me dérange pas, je n'en veux pas, na! lui fait dire Freud).

Bien sûr, il me faura faire voir que Freud érige ici quelques observations faites à l'emporte pièce et surtout librement réinterprétées dans une perspective toute phallocentrique en interprétation scientifique du développement psychique des femmes.


Mais j'ai comme un malaise depuis l'autre jour.

Il s'agit d'F2. Vous vous souvenez qu'elle prétendait avoir deux pénis?

L'autre jour :

F2 : Maintenant, je suis un garçon. Tu peux m'appeler François, mais plus Léonie, je ne suis plus une fille.

Moi : Ah? on joue?

F2: Non, c'est pas un jeu, c'est comme ça, maintenant.

Moi: Pourquoi?

F2 : Parce que tu te souviens, tout à l'heure, dans le livre de comptines?... Le petit garçon, il était vraiment trop beau! Je le trouve siiiii beau, siiiiii beau! Je veux être aussi beau que ça, moi. Les garçon, c'est plus beau, je veux être un garçon!

Moi, surprise mais à peine par tant de coquetterie : Mais si tu deviens un gaçon, tu ne pourras plus porter de chandails ROSES, des pyjamas ROSES, des pantalons ROSES, des...

F2 (qui pour une fois semble émerger de ses stéréotypes) : Tu sais, le rose, ce n'est pas seulement pour les filles! On peut en porter même si on est un garçon!!!

Moi : C'est bien vrai, ça!




Le lendemain.


F2 : Maman, montre-moi comment on dessine un bonhomme sourire!

Moi : Voilà!

F2 : À mon tour! J'en dessine un en jaune!

Moi : Bravo, il est magnifique!

F2 continue à dessiner, "orne" son bonhomme sourire de petit traits tout autour du cercle.

F2, fièrement : Regarde!

Moi : Quel beau soleil!

F2 (espiègle) : C'est pas un soleil, c'est un bonhomme sourire avec PLEIIIIIIIN de pénis!

Et la voilà qui se met à dessiner allègrement des traits partout sur la feuille.

F2 (lutine) : Il ya des pénis partout! C'est le pays des pénis! Dis maman, on peut y aller, au pays des pénis? On pourrait me trouver un pénis, et tu me le donnerais!




Freud Freud, Freud... J'ai comme un malaise...

Mais bon, heureusement que je suis encore capable de me souvenir que quelques observations à l'emporte pièce, ça ne suffit pas à valider la scientificité d'un énoncé ;)

lundi 14 janvier 2008

Je suis lââââââche!

Il suffisait de me flatter dans le sens du poil pour que j'accepte.


Je ne vous avais pas menti, je n'avais envoyé mon CV nulle part. Ce matin, alors que je donnais mon premier cours de la session, le coordonnateur du département de philo du CEGEP local est venu frapper à ma porte de classe. Calmez-vous, il n'a quand même pas traversé la mer océane pour se rendre jusqu'au PSQ et venir m'y chercher. Disons que le PSQ s'est beaucoup rapproché de lui : l'édifice ayant été vendu, nous donnons notre dernière session de cours dans des locaux que nous louons au CEGEP. Mais quand même, j'ai été vraiment surprise. On m'a offert une tâche en des termes qui m'ont causé une telle enflure de l'ego que je n'ai pas dit non. Enfin, si : j'ai refusé un temps plein, parce que cela aurait impliqué que je laisser tomber mes élèves du PSQ à quelques mois de l'examen du baccalauréat international. Mega session tout de même, puisque je cumule deux cours de 4 heures (donc 8 heures de cours) au PSQ, et 9 heures de classe au CEGEP pour 3 groupes (3x3) auxquels je donnerai 2 cours différents qui ne seront pas les mêmes que ceux données au PSQ. Le lundi sera un peu démentiel : 7 heures de classe pour trois groupes mais aussi en donnant 3 cours différents. L e dernier aura lieu de 15h à 18h.


J'ai déjà enseigné au CEGEP durant 4 ans avant d'aboutir au PSQ où je suis depuis 12 ans. J'ai revu aujourd'hui pas mal d'anciens collègues et c'était tellement sympa que j'ai eu l'impression qu'on s'était laissés hier. L'ambiance de travail m'a paru vraiment stimulante et si j'ai hésité un peu au début, l'accueil était si formidable que mes résistances ont fondu (surchauffe vaniteuse de l'ego).


Ma mère me propose de m'aider encore plus avec les filles et j'accepterai.


Mon projet, dont je ne vous ai pas encore tellement parlé mais cela viendra, n'est pas relégué aux oubliettes. Il est simplement mis sur la glace pour au moins une session. Et de toutes façons, avec mes cours au PSQ, je n'aurais pas pu m'y consacrer avant l'été.


En me levant ce matin, je n'aurais jamais imaginé que la journée se terminerait ainsi.


Pour une fille qui semblait en avoir tellement son voyage, j'ai l'air de changer vite d'idée, hein? Mais l'enseignement au CEGEP est bien différent : des élèves globalement moins forts c'est vrai, mais je ne passerai avec chacun d'entre eux que 45 heures de cours, et non pas 225 à 315 heures comme c'était le cas au PSQ où j'avais les mêmes groupes pour 3 cours de 60 heures et 1 à 3 cours (selon les années) de 45 heures. Quand on en est à 315ème heure de classe avec les mêmes élèves, ce n'est pas la même chose que d'en être à la 45ème, … Ça n'implique pas le même type de performance. Enfin, on verra bien quelle tournure cela prendra, mais je crois que cela vaut la peine d'essayer pour voir. Mon principal souci reste le temps que je peux passer avec les enfants.


Ah! Je ne vous avais pas dit : on ne m'a pas encore annoncé officiellement que j'étais embauchée. J'ai passé une entrevue aujourd'hui, c'est tout. Mais parions… ;)


(N'empêche, j'aurais l'air fou demain si je vous annonçais que je n'ai pas été embauchée -ah!ah!ah!)

dimanche 13 janvier 2008

Méditations encriennes

(le titre est un peu prétentieux mais je n'ai pas trouvé mieux)























Je ne peux me résoudre à faire la vaisselle ;)